
Lutte contre le piratage / PPL : « Tous les ingrédients sont réunis pour avancer » (M. Ajdari, Arcom)
« Tous les ingrédients sont réunis pour avancer (dans la lutte contre le piratage des retransmissions sportives). Premièrement, nous sommes convaincus que notre action est efficace quand elle est bien outillée et coordonnée. Ensuite, nous avons collectivement conscience qu’il y a un enjeu fort à agir contre la délinquance et pour le modèle économique du sport. Enfin, nous disposons des exemples internationaux, des outils techniques nécessaires pour progresser et des dispositions législatives qui sont déjà écrites et votées par l’une des deux chambres du Parlement », déclare Martin Ajdari, président de l’Arcom
Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, née le 01/01/2022 de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres…
, le 23/03/2026.
Il prend la parole en conclusion de l’événement « Du péril sportif au trouble à l’ordre public : la course contre le piratage », matinée dédiée à la lutte contre le piratage organisée par l’APPS
Association pour la protection des programmes sportifs. Créée le 23/01/2018
Les membres fondateurs de l’APPS sont : beIN Sports, Canal+, Eurosport, l’Association des Chaînes Conventionnées éditrices…
, en partenariat avec News Tank, au Tenniseum de Roland-Garros (Paris 16e).
L’automatisation des blocages, les blocages IP en temps réel, la conclusion d’accords volontaires et la création d’un délit lié au piratage figurent parmi les dispositions de la PPL
Proposition de loi
relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel, déjà adoptée par le Sénat (en juin 2025) et dont le vote à l’Assemblée nationale est espéré d’ici la fin juin 2026.
« Je n’ai qu’un seul message, qui est un message respectueux mais appuyé d’invitation à l’action, à l’attention du gouvernement comme des parlementaires, pour inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale les dispositions nécessaires à la protection du sport, des sportifs et d’une bonne partie de l’économie de développement », ajoute le dirigeant dans un discours que News Tank reproduit intégralement ci-dessous.
Lutte contre le piratage : hausse de 71 % des blocages de contenus sportifs en 2025 en France (Arcom)
• Les blocages des diffusions illégales de services sportifs ont augmenté de 71 % entre 2024 et 2025 (de 3 794 à 6 496), selon le bilan 2025 de lutte contre le piratage publié par l’Arcom
• Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.• Née le 01/01/2022 de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des…
le 23/03/2026.
• Au total, 14 263 blocages de sites sportifs ont été effectués depuis le 01/01/2022, date de création de l’Arcom et de la mise en place d’un dispositif spécifique de lutte contre le piratage en France des retransmissions sportives (adopté en octobre 2021).
• Sur ces 14 263 blocages, 1 657 l’ont été à la suite d’injonctions judiciaires et les 12 606 autres via des notifications de l’Arcom.
« La lutte contre le piratage fonctionne quand on s’en donne les moyens » (Martin Ajdari, Arcom)
Mesdames et Messieurs, chers amis, je suis très heureux de conclure ce séminaire de l’APPS
Création : janvier 2018
Objet social : lutte contre toutes les formes de piratage des programmes sportifs comme “la promotion, l’accès et la mise à disposition au public en ligne, sans droit ni…
consacré à la lutte contre le piratage des contenus sportifs. Je suis très heureux au nom de l’Arcom qui a été très souvent cité et dont ma présence témoigne de l’engagement.
À titre plus personnel, je pense que je peux me qualifier d’amateur de sport et particulièrement de sport à la télévision. Ceux qui me connaissent savent que je supporte le FC Nantes depuis ma tendre enfance. Cela me permet de mesurer l’importance de la protection des droits de retransmission qui, grâce à la diffusion du football par plusieurs chaînes successives, ont été et sont encore plus que jamais une des conditions de la compétitivité du championnat, de la qualité du spectacle proposé et également de sa diffusion dans l’ensemble de la population du rôle social que le sport de haut niveau joue au sein de la collectivité.
Plus largement, le piratage est à la fois un fléau et un enjeu économique majeur estimé à 1,5 Md€ de manque à gagner au total, dont 300 M€ pour le sport. Je pense que cet enjeu est peut-être un minorant de ce qu’il est aujourd’hui compte tenu du développement récent du piratage. C’est un fléau pour le monde du sport, du sport professionnel comme du sport amateur, autant que pour le monde des médias, qui eux-mêmes jouent un rôle essentiel dans notre modèle culturel. L’enjeu est donc collectif et de taille.
Grâce au travail accompli ces dernières années, nous partageons un diagnostic clair et des solutions à proposer qui peuvent être désormais formulées simplement. Les débats de cette matinée l’ont montré et l’Arcom, que j’ai l’honneur de présider, y a contribué grâce à la présentation et aux réponses que Pauline Combredet-Blassel (directrice générale adjointe de l’Arcom) a pu vous apporter.
Il faut répéter que la lutte contre le piratage fonctionne quand on s’en donne les moyens. Depuis que la mission en a été confiée à l’Arcom et étendue en 2021, cette lutte est devenue à la fois plus efficace et plus consensuelle.
« 4 000 notifications concernant des services d’IPTV Télévision sur IP, c’est-à-dire distribution du signal de télévision par protocole Internet. sur 6 500 notifications au total en 2026 »
En matière de piratage sportif, le live streaming a baissé de 70 % depuis 2021 et la France présente un nombre de visites mensuelles par habitant sur des sites proposant des contenus sportifs illicites inférieur de 20 % à la moyenne européenne. Nous effectuons aujourd’hui huit fois plus de blocages qu’en 2022, dans des délais en moyenne inférieurs à sept jours et qui peuvent être ramenés en dessous de 4 heures en cas d’urgence. Ce n’est pas suffisant dans certaines situations, mais c’est un progrès considérable.
Nous avons notifié 1 800 fois à des moteurs de recherche en 2025, mais également 5 300 fois à des services de DNS alternatifs et près de 600 fois à des services de VPN Virtual private network, soit réseau virtuel privé en français. Système qui permet une activité en ligne privée et sécurisée, en isolant et en cryptant les données. . C’est cette évolution et cette adaptation qu’il faut poursuivre. Puis, nous nous adaptons aussi aux nouveaux modèles de piratage avec 4 000 notifications concernant des services d’IPTV sur 6 500 notifications au total en 2026.
Au total, ce sont 20 000 noms de domaine qui ont été bloqués depuis 2022, dont les trois quarts à la demande de l’Arcom. En termes quantitatifs, l’ambition doit être encore bien supérieure. C’est une tendance dont nous pouvons tous revendiquer une part : les sportifs eux-mêmes, les organisateurs de compétitions, les ligues, les fédérations, les médias titulaires de droits et la justice qui a su modifier profondément son rapport au piratage.
« Notre action doit s’adapter en permanence aux évolutions techniques, et nous savons que les pirates, eux, s’y adaptent »
Plus efficace, la lutte contre le piratage est aussi devenue plus consensuelle. L’action de la Hadopi
Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet.
Le 01/01/2022, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et…
par le passé n’a pas toujours suscité l’adhésion du public, ni connu le consensus que nous offre l’événement d’aujourd’hui. Nous avons progressé d’abord grâce aux offres de qualité et accessibles proposées par les éditeurs et acteurs du sport, ce qui a retiré au piratage une de ses justifications historiques, même si elle était fallacieuse.
Nous avons aussi progressé sur toute la pédagogie déployée pour expliquer les impacts du piratage sur le financement du sport et de la création, des efforts de pédagogie qui ont porté leurs fruits. Je voudrais saluer tout le travail accompli par Denis Rapone, anciennement président de la Hadopi et membre du collège de l’Arcom en charge de la protection des droits. Ce consensus est un acquis extrêmement important sur lequel nous pouvons collectivement nous appuyer pour faire évoluer et approfondir notre action.
Notre action doit s’adapter en permanence aux évolutions techniques, et nous savons que les pirates, eux, s’y adaptent. Deux tournants soulignés aujourd’hui justifient une évolution de nos moyens d’action. D’abord, l’inclusion croissante du piratage et de ses bénéfices dans des schémas de délinquance plus violents, liés par exemple au trafic de stupéfiants dont l’OFAC Office Anti-Cybercriminalité a décrit les réseaux et les implications. Ensuite, l’évolution des modalités d’accès aux contenus pirates avec le développement des offres IPTV, une pratique dont le potentiel de prédation sur l’ensemble de l’offre audiovisuelle, pas seulement sportive, est considérable.
« L’impact des outils actuels, que nous utilisons à l’Arcom à leur maximum, commence à montrer ses limites »
Nous devons passer à la vitesse supérieure car l’impact des outils actuels, que nous utilisons à l’Arcom à leur maximum, commence à montrer ses limites. La diminution du piratage a commencé à ralentir en 2025 par rapport aux années précédentes. Les services de l’Arcom peuvent aujourd’hui difficilement accroître leur productivité dans le cadre des moyens humains et des outils techniques et juridiques dont nous disposons.
En outre, sur nos nouveaux champs d’action, nous faisons face à une attitude inégale de certains acteurs, notamment les intermédiaires. Certains, comme Google
Activité : entreprise de services technologiques
Création : 1998Maison mère / conglomérat : Alphabet Inc., créé en 2015
Sites, logiciels et systèmes d’exploitation : YouTube, Android, Google…
, coopèrent efficacement avec l’Arcom. D’autres, tels que Cloudflare, sont clairement récalcitrants, de même que certains fournisseurs de VPN.
Ainsi, malgré l’efficacité de notre action, le piratage des contenus sportifs reste un enjeu massif au sens propre. Près de 18 % des Français déclaraient consommer des contenus sportifs de manière illégale en 2024, avec deux modes d’accès principaux et combinés : 16 % sur des sites de live streaming et 12 % par des services IPTV illégaux.
« Nos services se sont mobilisés pour être en mesure de déployer le blocage IP dès ce printemps 2026 »
Les leviers pour faire mieux, plus vite et plus efficacement, sont bien identifiés et largement consensuels. À l’international, l’exemple espagnol montre qu’un cadre législatif intransigeant adossé à des actions volontaristes, à l’image des injonctions judiciaires sur les fournisseurs d’accès, peut donner des résultats spectaculaires, y compris sur l’IPTV. Techniquement, les acteurs de la diffusion du sport disposent d’outils permettant d’intervenir beaucoup plus rapidement.
L’Arcom s’est préparée à faire évoluer son action. Nos services se sont mobilisés pour être en mesure de déployer le blocage IP dès ce printemps 2026. Les évolutions nécessaires de notre système d’information se déploient et se déroulent conformément au calendrier prévisionnel, dans le cadre de l’accord conclu avec les FAI
Fournisseur d’accès à Internet
sous notre égide il y a un peu moins d’un an. C’est une avancée extrêmement importante sur le plan technique. Elle permettra d’assurer le blocage IP massif en direct en temps réel, qui est le cap décisif à franchir et qui nécessite de faire évoluer la loi. C’est l’un des objets majeurs de la proposition de loi de Laurent Lafon
Président de la commission de la Culture, de l’Éducation et de la Communication @ Sénat • Sénateur (Union centriste) du Val-de-Marne @ Sénat
et Michel Savin
Vice-président @ Commission de la Culture, de l’Éducation, de la Communication et du Sport du Sénat • Président du Groupe d’études sur les pratiques sportives et les grands événements sportifs…
, dont l’adoption permettrait de faire ce progrès important et nécessaire très rapidement puisque l’ensemble des autres conditions, notamment techniques, sont réunies.
La reprise de l’examen parlementaire de ces dispositions à l’Assemblée nationale pourrait être également l’occasion de compléter le texte pour doter l’Arcom d’un pouvoir coercitif de sanctions et pas seulement d’injonctions pour faire appliquer les blocages DNS que nous notifions, compte tenu des difficultés d’exécution que nous rencontrons avec certains VPN et certains DNS alternatifs.
« L’adoption de l’ensemble de ces dispositions avant la Coupe du monde 2026
• XXIIIe édition de la Coupe du monde.
• Organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada (zone Concacaf) du 11/06 au 19/07/2026.
• Attribution lors du 68e congrès de la FIFA, à Moscou (RUS), le…
serait une victoire symbolique très forte »
Pour des raisons évidentes, l’adoption de l’ensemble de ces dispositions avant la Coupe du monde 2026 serait une victoire symbolique très forte. Parallèlement à cette évolution, je souhaite aussi que nous puissions mobiliser plus efficacement et plus rapidement le statut de signaleur de confiance, prévu par le règlement sur les services numériques, dans l’attente des lignes directrices que la Commission doit publier à ce sujet.
Les acteurs de la diffusion du sport, à commencer par les chaînes, ne nous ont pas attendus et ont commencé pour certaines à travailler efficacement avec les plateformes. C’est une initiative que je salue et que nous souhaitons pouvoir compléter du côté du statut de signaleur de confiance.
Tous les ingrédients sont réunis pour avancer. Premièrement, nous sommes convaincus que notre action est efficace quand elle est bien outillée et coordonnée. Ensuite, nous avons collectivement conscience qu’il y a un enjeu fort à agir contre la délinquance et pour le modèle économique du sport. Enfin, nous disposons des exemples internationaux, des outils techniques nécessaires pour progresser et des dispositions législatives qui sont déjà écrites et votées par l’une des deux chambres du Parlement.
Je n’ai qu’un seul message, qui est un message respectueux mais appuyé d’invitation à l’action, à l’attention du Gouvernement comme des parlementaires, pour inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale les dispositions nécessaires à la protection du sport, des sportifs et d’une bonne partie de l’économie de développement.
Martin Ajdari
Président @ Arcom
, président de l’Arcom, le 23/03/2026
Parcours
Président
Directeur général adjoint
Commissaire du Gouvernement
Directeur général des médias et des industries culturelles
Directeur du cabinet de Fleur Pellerin
Directeur du cabinet d’Aurélie Filippetti
Secrétaire général
Directeur général délégué aux ressources
Directeur adjoint
Directeur général délégué à la gestion et à la production
Chef du bureau du financement du logement à la direction du Trésor
Conseiller technique aux cabinets du ministre Laurent Fabius et de la secrétaire d’État au Budget Florence Parly
Directeur administratif et financier
Administrateur civil au bureau Europe-relations financières avec l’Union européenne à la direction du budget
Fiche n° 56142, créée le 24/03/2026 à 15:17 - MàJ le 24/03/2026 à 15:21
Arcom
• Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
• Née le 01/01/2022 de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi).
• Elle est garante de la liberté de communication et veille au financement de la création audiovisuelle et à la protection des droits.
• Sa régulation s’étend aux plateformes en ligne - réseaux sociaux, moteurs de recherche…
• Elle accompagne les transformations du paysage audiovisuel et numérique et exerce ses missions dans l’intérêt de tous, professionnels et grand public.
Collège de l’Arcom (neuf membres)
Président : Martin Ajdari
Conseillère : Bénédicte Lesage
Conseiller : Antoine Boilley
Conseiller : Hervé Godechot
Conseillère : Juliette Théry
Conseiller : Benoît Loutrel
Conseillère : Anne Grand d’Esnon
Conseillère : Laurence Pécaut-Rivolier
Conseiller : Denis Rapone
Catégorie : Instances
Adresse du siège
Service facturier39-43 quai André-Citroën
75739 Paris Cedex 15 France
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Fiche n° 13028, créée le 25/01/2022 à 09:10 - MàJ le 24/03/2026 à 10:02
© News Tank Sport - 2026 - Code de la propriété intellectuelle : « La contrefaçon (...) est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Est (...) un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur. »
• XXIIIe édition de la Coupe du monde.