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e-Think Sport : « Finances et gouvernance du football à la croisée des chemins » (A. Agnelli, Juventus)

Paris - Actualité n°206535 - Publié le 28/01/2021 à 09:03
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Andrea Agnelli, président de la Juventus, le 27/01/2021 - ©  NTF/NTS

« Dans notre secteur d’activité, nous avons d’un côté notre sport, le football, et de l’autre, l’aspect financier. Et puis nous avons un problème de gouvernance. Je pense que finances et gouvernance du football sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Vous pouvez choisir la façon d’aborder le problème qui est renforcé par la pandémie de Covid, mais nous devons l’accepter, à mon avis, et agir en conséquence », déclare Andrea Agnelli Member ot the board of directors @ IFI S.p.A. (now EXOR S.p.A.) • President and founding shareholder @ Lamse S.p.A. (holding) • President @ Juventus FC • Vice president @ The Super League… , président du Juventus FC Activité : club de football professionnel italien Partenaires majeurs : • Jeep (automobile) : 45 M€ par saison pour 2021-2024, 42 M€ par saison pour 2019-2021, 17 M€ par saison pour 2015-2019… (Serie A TIM Première division italienne. 20 clubs. ) et de l’ECA (European Club Association) Association des clubs européens , et invité d’honneur d’e-Think Sport 2021, en évoquant l’avenir des clubs et compétitions de football européens, le mercredi 27/01/2021.

Cette intervention ouvrait la matinée « Instances » de l’e-Think Sport 2021, cinquième édition de l'événement annuel organisé habituellement en présentiel sur une journée par News Tank. e-Think Sport 2021 est programmé, pandémie oblige, par visioconférence sur quatre matinées consécutives, du mardi 26 au vendredi 29/01/2021.

« La façon dont nous concevrons notre avenir, tous ensemble, avec l’UEFA, nos Fédérations et nos Ligues, déterminera ce que nous ferons et si nous continuerons à prospérer. Ou si nous imploserons. Mais aujourd’hui, le sujet principal ne porte pas sur les formats comme cela a été le cas dans le passé, ni sur la valeur, mais sur la gouvernance et la propriété, et sur la manière dont nous pouvons en tirer parti », explique le dirigeant italien.

« L’intérêt que des sociétés financières et des investisseurs privés ont manifesté pour notre sport et notre secteur d’activité est quelque chose que nous devrions considérer comme positif, cela signifie que oui, cela constitue une opportunité », ajoute Andrea Agnelli, qui est également membre du comité exécutif de l’UEFA.

« Maintenant, nous avons une segmentation massive de notre audience. Et le public futur sera encore plus difficile, quand je vois le comportement de la “génération Z” (les 10-25 ans), la manière dont elle commence à s’orienter vers différentes formes de divertissements. Et nous devons faire très attention car dans moins de cinq ans, cette génération Z sera celle qui dépensera, et dans 15 ans, elle sera même devenue celle qui consomme le plus. Pensons-nous que ce qui leur est offert en ce moment est exactement ce qu’ils veulent ? Doit-on se reposer sur nos lauriers ? » demande le président de la Juventus.

e-Think Sport 2021 : pour accéder au programme complet (du 26 au 29/01/2021), cliquez ici ! 

e-Think Sport! - ©  D.R.

e-Think Sport 2021 : vidéo intégrale de l’intervention d’Andrea Agnelli

« Nous prévoyons pour notre secteur d’activité une perte cumulée de 6,5 à 8,5 milliards d’euros pour les deux saisons 2019-20 et 2020-21 » (A. Agnelli, Juventus FC)

• « La crise que nous vivons ne concerne pas seulement le secteur d’activité du football et il y a une grande reconnaissance vis-à-vis de la façon dont la société se comporte face à cette pandémie. Dans un moment comme celui-ci, je voudrais adresser mes sincères remerciements au secteur de la santé.

• À la fois à ceux qui sont sur le terrain, c''est-à-dire dans les hôpitaux, mais aussi à ceux qui sont “en dehors du terrain” , qui travaillent dans la recherche et le développement pour trouver les bonnes solutions afin de combattre cette pandémie grâce aux vaccins, avec une campagne de vaccination qui va représenter un effort énorme au niveau logistique.

Deloitte Football Money League 2021 - ©  Deloitte
• Quant à notre secteur d’activité, nous n’avions peut-être pas prévu ça. Je regardais les chiffres (Deloitte Football Money League 2021) pour les 20 meilleurs clubs : déficit de 1,1 milliard d’euros pour 2019-20 et une estimation -pour ces seuls clubs- de 2 Md€ sur les deux saisons (2019-20 et 2020-21).

• Je pense en fait que ce sera bien pire que cela, car la saison 2019-20 n’a connu que trois ou quatre mois de matches à huis clos, de remises commerciales et de réductions sur les droits TV, alors qu’il semble maintenant acquis que 2020-21 sera une saison complète sans supporters dans les stades. Nous envisageons donc une perte de résultat pour le secteur de l’ordre de 6,5 à 8,5 Md€ pour les deux saisons cumulées. »

« Cette année, 3,6 milliards d’euros en transferts de joueurs, contre 6,5 Md€ l’année précédente »

• « Le Covid-19 a également un impact sur le marché des transferts. Sur le seul marché européen, nous avons transféré cette année pour 3,6 Md€, contre 6,5 Md€ l’année précédente, soit 2,9 Md€ de moins d’une année sur l’autre. Ce qui montre que nous naviguons toujours sur des mers très agitées.

• Tout cela ne concerne que le football d'élite et je n’ose pas imaginer -et en termes d’analyse c’est difficile- ce qui se passe dans les divisions inférieures, les secondes divisions, le football amateur, au niveau des infrastructures et des emplois perdus. »

e-Think Sport 2021 : "Agnelli tire le signal d'alarme : 'Le football risque gros' ", titre le quotidien sportif italien Tuttosport - ©  Tuttosport

« Les fonds d’investissement n’investissent pas simplement pour le plaisir, ce ne sont pas des ONG Organisation Non-Gouvernementale  »

• « Je pense que tout notre secteur traverse une période très compliquée qui exigera une réflexion sérieuse sur la manière dont nous voulons aborder l’avenir de notre activité.

• Il y a un besoin d’injection de liquidités au niveau des clubs (en raison de la crise de Covid-19) d’environ 6 Md€ et qui concerne environ 360 clubs. Donc, cette soif d’argent est là. Mais les fonds d’investissement n’investissent pas simplement pour le plaisir, ce ne sont pas des ONG.

• Ils le font parce que l’opportunité existe : lorsque vous regardez notre secteur au cours des 20 dernières années et que vous mettez de côté le Covid, nous avons une croissance économique à deux chiffres. »

« Il y a une valeur réelle dans nos droits de propriété intellectuelle et dans la manière dont ils sont gérés »

• « Il y a une valeur réelle dans notre secteur d’activité, ce sont nos droits de propriété intellectuelle et la façon dont ils sont gérés.

CVC - ©  D.R.
• Nous ne sommes pas un service public, nous sommes meilleurs qu’un service public en termes de flux de trésorerie que nous pouvons générer. Et les fonds d’investissement observent. C’est donc certainement quelque chose de positif.

• Leur position, c’est qu’ils veulent gérer ce qu’ils acquièrent dans le respect du montant de fonds propres investis.

• Donc, pour parler d’un accord qui m’est plus proche, entre la Lega Serie A « Lega nazionale professionisti di Serie A », Ligue professionnelle qui gère la 1ère division italienne et réunit ses 20 clubs. et le consortium CVC-Advent-FSI, cela représenterait presque une prise de contrôle du développement commercial pour une participation de “seulement” 10 % dans la nouvelle société créée pour gérer les droits TV. »

• L’Assemblée générale de la Lega Serie A décide à l’unanimité d’approuver l’offre du consortium composé de CVC Capital Partners, fonds luxembourgeois présent notamment dans le rugby, du fonds américain Advent et du fonds public italien FSI (Fondo Strategico Italiano) pour l’entrée au capital dans la future société de médias de la Ligue italienne avec une participation de 10 %, pour un montant de 1,7 milliard d’euros, a annoncé la Ligue italienne, le 19/11/2020.

• « Aujourd’hui, nous avons trouvé un accord voté à l’unanimité et nous avons accepté la proposition économico-financière, mais nous n’avons pas encore finalisé, il n’y a toujours pas d’engagement contraignant d’aucune sorte », précisait Paolo Dal Pino, président de la Lega Serie A, à la sortie de l’Assemblée.

• La Ligue italienne avait décidé d’entamer des négociations exclusives avec ce consortium pour la création d’une société de médias visant à gérer les droits TV de la Serie A TIM à partir de 2021-22, le 13/10/2020.

• Ce consortium était en concurrence avec un autre composé du fonds américain Bain Capital et du fonds italien NB Renaissance Partners, ainsi qu’avec une offre du fonds américain Fortress.

«  De nouveaux formats de compétition envisagés comme le “système suisse”  »

• « Je pense, comme je l’ai lu sur différents supports, qu’il existe des solutions (au format de la compétition) envisagées, comme ce que l’on appelle le “système suisse” . C’est un système très intéressant.

• Le mérite de cette idée revient à l’un des membres de l’ECA, l'AFC Ajax Activité : club de football professionnel néerlandais Sponsors principaux : • Ziggo (télécommunications) : sponsor maillot principal de l'équipe première et de l'équipe réserve (tenues de… (Eredivisie 1ère division professionnelle néerlandaise, 18 clubs ), il y a quelques années, qui l’avait mentionné comme un système potentiel.

• Je pense que c’est un excellent système car il est évolutif : le nombre de matches que vous jouez dans les premières phases de la compétition peut ne pas être prédéterminé.

Andrea Agnelli, président de la Juventus, le 27/01/2021 - ©  News Tank

• Ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que du point de vue de l'ECA (European Club Association) Association des clubs européens , étant donné ce qui s’est passé en 2019, je souhaiterais que toutes les réformes passent par l’Assemblée générale de l’Association, avec tous les clubs qui votent pour ce qui sera notre avenir collectif. »

• Le « système suisse » comme format de compétition réunit les 32 clubs qualifiés (voire 36) dans un groupe unique.

• Chacun joue un nombre défini de rencontres (10, par exemple, dont 5 à domicile et 5 à l’extérieur) contre des équipes de force variable selon le classement.

• Au cours de cette phase, tous les adversaires ne s’affrontent donc pas.

• Ensuite, le classement déterminerait les 16 clubs qualifiés pour la phase à élimination directe au cours de laquelle les matches seraient fixés comme dans les barrages des sports américains : le premier affronterait le dernier, le deuxième jouerait contre l’avant-dernier, etc., la finale se disputant sur un match.

• Selon The Times qui affirme que l’UEFA pourrait très bientôt présenter le projet à ses partenaires, les demi-finalistes seraient qualifiés pour l'édition suivante. Les équipes classées de la 17e place à la 24e se qualifieraient pour les huitièmes de finale de l’Europa Ligue.

« A l’ECA, nous sommes convaincus que davantage de matches européens sont les bienvenus »

• « Quand je parle de la gouvernance du football, je veux dire gouvernance et bonne gestion. Il s’agit de créer un meilleur équilibre avec les parties prenantes existantes pour que les clubs et les sélections nationales puissent coexister et partager les directives.

CEA - ©  D.R.
• Pour les compétitions, nous, à l’ECA, cherchons une approche qui prenne en compte la qualité par rapport à la quantité. Pour donner un exemple, nous parlons des matches les plus regardés en Europe (les Coupes d’Europe). Prenez le Top 5 européen : nous jouons 1 826 matches par saison (380 en Angleterre, en Espagne, en Italie et en France et 306 en Allemagne) contre seulement 125 en Ligue des champions.

• Nous pouvons donc examiner la gouvernance en termes de gestion financière. Nous avons toujours eu une approche basée sur les profits et les pertes. Nous nous intéressons donc au chiffre d’affaires, aux coûts, alors que nous voulons vraiment nous concentrer sur la gestion du bilan et la création de valeur.

• Pour donner quelques exemples (de domaines à examiner), il pourrait y avoir une révision du système de transferts, et une convention collective avec les acteurs qui nous laisserait les outils nécessaires pour fonctionner en temps de crise.

• L’ECA est fermement convaincue que davantage de matches européens sont les bienvenus. Si nous regardons ce qui se passe en ce moment, nous devrons nous attaquer aux questions de concentration (des talents et des titres) et aux questions d'équilibre compétitif, et donc au manque d’intérêt qui en découle. »

Andrea Agnelli, président du Juventus FC et de l'ECA (European Club Association) Association des clubs européens , lors d’e-Think Sport 2021, le 27/01/2021

Andrea Agnelli

Date de naissance : 06/12/1975

Formation :

• St. Clare’s International College (Oxford)

• Luigi Bocconi University (Milan)


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Parcours

The Super League
Vice president
ECA
Président / Chairman
UEFA
Member of the executive committee
ECA
Member of the board of directors
Juventus FC
President
Lamse S.p.A. (holding)
President and founding shareholder
IFI S.p.A. (now EXOR S.p.A.)
Member ot the board of directors
Philip Morris International (Lausanne)
Marketing and sponsorships and, subsequently, corporate communication manager
Uni Invest SA (Paris)
Marketing manager
Ferrari Idea (Lugano, SUI)
Responsible for promoting and developing the Ferrari brand in non-automotive areas

Fiche n° 11135, créée le 11/05/2015 à 11:55 - MàJ le 20/04/2021 à 08:20

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Andrea Agnelli, président de la Juventus, le 27/01/2021 - ©  NTF/NTS