Think Sport CIC 2026 : « On ne naît pas dopé, on le devient » (D. Carlac’h, Fonds « pour un sport propre »)

News Tank Sport - Paris - Actualité n°457902 - Publié le
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©  Seb Lascoux
Dominique Carlac’h et Marilyn Hesry à l’Hôtel des Invalides lors de Think Sport CIC le 15/10/2026 - ©  Seb Lascoux

« Le Fonds de dotation ”Pour un sport propre” n’a pas vocation à protéger l’intégrité des compétitions. Il a en revanche pour mission de protéger les pratiquants et singulièrement les jeunes. Parce qu’on ne naît pas dopé, on le devient », déclare Dominique Carlac’h Présidente @ Fonds de dotation « pour un sport propre » • Vice-présidente en charge de la prospective, de l’innovation et du numérique @ Comité national olympique et sportif français (CNOSF… , présidente de ce Fonds de dotation, le 15/10/2026.

Le Fonds a été créé en 2022 à l’initiative du Crédit Mutuel Alliance Fédérale (banque et assurances) et de l’AFLD. Il vise à « mobiliser les partenaires et mécènes qui souhaitent promouvoir un sport sans dopage, en développant notamment des actions d’éducation aux valeurs du sport et à la santé. »

Dominique Carlac’h intervient dans le cadre d’une conférence intitulée « L’engagement de l’éthique dans la performance », au côté de Marilyn Hesry Secrétaire générale @ Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)
, secrétaire générale de l’Agence française de lutte contre le dopage, lors de Think Sport CIC 2026, événement organisé par News Tank à l’Hôtel des Invalides (Paris 7e) le jeudi 15/10/2026.

« La mission d’éducation est depuis 2021 une mission centrale de l’AFLD. Elle la déploie principalement à l’attention des sportifs de haut niveau. C’est sa mission prioritaire. Le Fonds de dotation, lui, a vocation à agir plutôt en amont et à s’adresser davantage au jeune public, aux jeunes pratiquants », explique Marilyn Hesry au cours de cette conférence dont News Tank restitue le contenu ci-dessous.


« L’objectif est vraiment d’installer une culture durable du sport propre. Et la cible n° 1, ce sont les jeunes » (D. Carlac’h, Fonds de dotation « Pour un sport propre »)

Dominique Carlac’h, présidente du Fonds de dotation « Pour un sport propre » - ©  Seb lascoux

Je ne suis pas là en experte de la lutte antidopage, ce n’est pas mon domaine. Je suis là à la fois en tant qu’ancienne athlète, puisque j’ai vu de près ce que pouvait être le dopage, sans en être victime, je l’ai vu de mes yeux.

Je suis aussi là en tant que chef d’entreprise, qui essaye d’avoir un impact dans la société au-delà de son métier, et puis je suis surtout là en tant que dirigeante sportive, puisque je suis vice-présidente de la Fédération Française d’Athlétisme Objet : développer, contrôler et organiser la pratique en France de l’athlétisme sous toutes ses formes (piste, running, athlé santé, jeunes), défendre les intérêts moraux et matériels de… et du Comité national olympique (CNOSF Comité National Olympique et Sportif Français ). Et le but, c’est aussi de relier le monde économique à ce genre de préoccupation dont on va parler.

L’éducation est le premier rempart au dopage

Pourquoi, à un moment donné, l’AFLD et le Crédit Mutuel ont eu cette idée de créer un Fonds de dotation pour un sport propre ? En fait, c’est parti d’une conviction partagée que l’éducation est le premier rempart au dopage. La deuxième chose, c’est que ça ne peut pas se financer tout seul, c’est-à-dire qu’on est dans une époque, en 2021, où on a la création d’un nouveau Code mondial antidopage, et puis on a surtout un premier Standard international pour l’éducation (règles obligatoires de prévention contre le dopage imposées par l’Agence mondiale antidopage et entrées en vigueur le 01/01/2021).

Du coup, l’éducation devient une priorité, ce n’est plus une option dans ce champ général. En 2021, on a à l’horizon Paris 2024 Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. qui se jouera à la maison. Et donc à ce moment-là, l’Agence Agence française de lutte contre le dopage qui fête ses 15 ans annonce la création de ce fonds de dotation.

Alors pourquoi ? Parce qu’en fait, dans la lutte antidopage, les fonds publics vont aux contrôles, vont aux analyses. Mais ensuite, quand on voulait toucher le grand public, toucher les jeunes, les amateurs, les écoles, en fait, c’est là où il n’y a plus forcément de moyens.

Donc ça a été l’idée d’avoir une solution un peu originale, un peu souple, qui soit ouverte à des mécènes, et on crée ce Fonds. Le partenaire, c’est le Crédit Mutuel, une banque mutualiste, donc très attachée à cette notion de partage, de chose sociétale. Par ailleurs, c’est le premier partenaire de la Fédération Française d’Athlétisme, et donc on partageait des valeurs sur la santé, l’intégrité dans le sport.

Le sport propre, c’est un enjeu de santé publique

Alors comment a-t-on pris le sujet ? Le sport propre, c’est un enjeu de santé publique. Et ce n’est pas simplement, quand vous êtes dans cet univers et cet écosystème de l’antidopage, une question réglementaire. Il faut arriver plus tôt que ça, avant la notion de contrôle, il faut absolument qu’on soit dans la prévention. Le slogan qu’on pourrait se donner, si on réécrivait l’histoire c’est de dire : le contrôle protège la compétition et l’intégrité dans la compétition ; l’éducation protège le pratiquant, en amont.

Nous nous sommes donc positionnés avec le Fonds sur cette deuxième dimension, on n’a pas vocation à protéger l’intégrité des compétitions. En revanche, on a pour mission vraiment de protéger les pratiquants, et singulièrement les jeunes. Parce qu’on ne naît pas dopé, on le devient. Et on reviendra là-dessus tout à l’heure.

On n’est pas dans le sport de haut niveau, on est vraiment dans le développement de la pratique

L’objectif, c’est vraiment d’installer une culture durable du sport propre. Et le public qu’on vise, c’est d’abord les jeunes, c’est la cible n° 1, je vous expliquerai pourquoi ensuite. Les amateurs et le grand public. On n’est pas dans le sport de haut niveau, on est vraiment dans le développement de la pratique. Tout de suite, la culture du sport propre !

L’objet du Fonds, c’est de soutenir des initiatives de recherche ou des opérations de démonstration en matière de prévention et d’éducation au sport propre. On a des critères de financement. On finance des opérations.

1.- Il faut qu’on promeuve la pratique saine.

2.- Il faut qu’il y ait systématiquement un enjeu de santé publique.

Moi, je suis arrivée en 2025 dans cette aventure. Et on a choisi une zone grise, qui n’est pas contre les fabricants, mais qui est quand même une zone grise. Quand je vous disais on ne naît pas dopé, on le devient, c’est parce qu’on prend des mauvaises habitudes qui ne sont pas du dopage en réalité, mais qui sont un accompagnement augmenté à la pratique. La zone grise, ce sont les compléments alimentaires.

L’INSERM indique que 10 à 15 % des compléments alimentaires comportent des substances interdites

On s’est focalisé sur les compléments alimentaires, en essayant de comprendre le phénomène. Pourquoi ? Parce qu’on s’est rendu compte qu’un sportif sur deux prend des compléments alimentaires. L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), qui ne raisonne pas à charge et qui n’est pas un lobby occulte contre des fabricants, indique que 10 à 15 % des compléments alimentaires comportent des substances interdites. 10 à 15 % !

Et l’INSERM dit qu’il y a une prévalence du dopage deux fois plus élevée chez les gens qui consomment des compléments alimentaires. Donc on a besoin de comprendre. Donc ce qu’on a décidé de faire sur 2026, c’est comprendre. On a lancé deux études pour comprendre et pour ne pas raisonner à charge. En plus des études scientifiques avec l’INSERM, c’est comprendre ce qui se passe, toucher du public et réaliser des opérations. On a un Boost’Shop qui permet à des gamins de se projeter dans un circuit virtuel en disant : attention, là, ce n’est pas la bonne direction, voilà pourquoi.

On n’est pas là pour corriger la faute, on est là pour anticiper et qu’il n’y ait pas faute

Et puis transmettre un kit pédagogique à destination des fédérations et des clubs qui sont dans ces fédérations, parce que les clubs touchent les jeunes justement. Et en gros, l’idée, c’est de dire qu’on n’est pas là du tout pour faire la police. On revient à l’origine : faire de l’éducation et de la pédagogie pour éviter la faute. On n’est pas là pour corriger la faute, on est là pour anticiper et qu’il n’y ait pas faute.

En ce qui concerne la gouvernance du Fonds, le conseil d’administration décide des orientations et des projets. Donc il y a des fondateurs, des personnalités de l’AFLD, Béatrice Bourgeois, présidente de l’Agence. Il y a le Crédit Mutuel, évidemment avec Daniel Baal. Il y a aussi Dominique Laurent et Roxana Maracineanu
Palmarès : • Médaille d’argent du 200 m dos aux Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney (Australie) • Médaille d’or du 200 m dos aux Mondiaux de 1998 à Perth (Australie)
. Donc vraiment des personnalités très engagées là-dedans. Et il y a la FFF Fédération Française de Football également à travers Jean-François Vilotte Directeur général @ Fédération Française de Football (FFF)
(directeur général). Et j’oublie Jean-Baptiste (Compère), notre cheville ouvrière, notre délégué général.

Et puis on a un conseil d’orientation stratégique qui oriente les sujets et les projets. Il est présidé par Dominique Laurent, qui est l’ancienne directrice des Sports (2002-2008). Et puis on a des Olympiens, on a le CNOSF qui détecte les projets et qui en discute.

Une génération drastiquement plus exposée

Mais vraiment, beaucoup d’opérations ciblent les jeunes, parce que c’est vraiment l’urgence.

Les jeunes ne constituent pas une génération plus dopée, mais une génération drastiquement plus exposée. On a fait un observatoire de la nutrition sportive. 5 000 Français ont été étudiés dans leur nutrition sportive en mai 2026. 45 % des sportifs ont pris au moins un complément alimentaire dans l’année. Et quand on zoome un petit peu plus sur les tranches d’âge, là on n’est pas à 45 %, on est à 63 % des 16-24 ans qui ont pris un complément alimentaire dans le cadre de leur pratique sportive.

63 % des 16-24 ans ont pris un complément alimentaire dans le cadre de leur pratique sportive

Quand on zoome un petit peu sur depuis quand, un consommateur sur deux en prend depuis deux ans, mais chez les jeunes, deux consommateurs sur trois en prennent depuis deux ans. Donc c’est à la fois plus fort chez les jeunes et en croissance plus forte chez les jeunes.

Alors pourquoi ? Le pourquoi, c’est le canal. Pour 64 % des jeunes, le canal, c’est les réseaux sociaux. Et 70 % nous disent : j’ai confiance dans la solution qui m’a été proposée sur les réseaux sociaux. Et 37 % vont vérifier auprès d’un personnel de santé si c’est bien ou bon. Les autres ne vont même pas vérifier ni auprès du coach, ni auprès du professionnel de santé.

Un jeune sur cinq seulement va vérifier la composition de ce qu’il ingurgite

Et un sur cinq seulement va vérifier la composition de ce qu’il ingurgite. C’est-à-dire que le gamin, il a vu une solution de nutrition pour améliorer sa pratique sportive, en gros prendre du muscle plus vite que prévu dans la salle de sport : il ne va pas demander ni à son coach, ni surtout à la communauté médicale, ni même se renseigner sur la composition.

L’angle mort de tout ça, c’est que la moitié ne connaît pas l’existence d’un label. Ils ne savent pas qu’il y a des choses qui sont labellisées et d’autres qui ne le sont pas. La plupart pensent qu’un complément ne peut pas rendre positif un contrôle. Donc ils ne voient pas où est le mal. Il se dit : « Ben non, je prends un complément ! »

L’engagement de l’éthique dans la performance à l’ordre du jour de Think Sport 2026 - ©  Seb Lascoux
Pourquoi on en est arrivé là ? Moi, je suis une femme d’entreprise et je défends vraiment les entreprises et toutes les filières. Mais il faut parfois se poser la question de ce qu’on produit.

En l’occurrence, ce qui a changé, c’est :

1.- Une offre et un marché qui se développent énormément. C’est une croissance à deux chiffres.

2.- Le canal : c’est le téléphone. Du coup, c’est hyper accessible.

3.- C’est là où on a vraiment besoin d’éducation, c’est le motif. Pourquoi ? L’INSERM, qui analyse tout ça, dit que l’image compte autant que la performance. Les gamins qui prennent des compléments, c’est autant pour l’image que pour la performance sportive. L’INSERM parle d’un idéal esthétique qui supplante la force. Et donc, comme on a les deux qui se mélangent, ce n’est pas terrible quant à la façon dont on conçoit la pratique sportive.

Ce n’est pas parce qu’on fera la promotion du sport qu’on fera la promotion du sport propre

Ça, plus la banalisation, ça peut être un massacre organisé ou comment pervertir l’idée que le sport est notre ami public n° 1. Il faut faire vraiment très attention, parce qu’on est en train de glisser. Et ce n’est pas parce qu’on fera la promotion du sport qu’on fera la promotion du sport propre. Donc on doit vraiment veiller à tout ça.

Notre méthode, c’est qu’on va là où sont les jeunes. Il n’y a pas 36 solutions, il faut qu’on y aille avec des outils qu’ils captent. C’est pour ça qu’on a lancé Boost’Shop, etc. Parce que sinon, c’est une lame qui va nous déborder.

« Vos compléments alimentaires peuvent contenir des substances dopantes » alerte l’AFLD - ©  AFLD
Quant à l’avenir, il y a un premier projet qui consisterait à faire de l’information un peu objectivée. Et si on reprend l’étude sur les compléments alimentaires, se dire qu’il faut qu’on ait trois réflexes quand on fait de la pédagogie à l’égard des jeunes, c’est la composition, le label et le professionnel de santé.

Il faut qu’on ait tous ce réflexe - parents, coachs, encadrants ou accompagnateurs à la pratique sportive - de se dire que la mission d’éducation commence par la mission d’information. Ça, c’est la première chose.

Les projets ensuite, c’est de changer d’échelle, c’est-à-dire qu’on a quelques dispositifs expérimentaux qu’on voudrait déployer davantage. Aujourd’hui, on a trois fédérations qui sont très engagées : athlétisme, football et cyclisme, mais en fait, il faut déployer vers d’autres fédérations.

À propos du dopage animal, j’aimerais bien qu’on signe un partenariat ou une opération avec la Fédération Française d’Équitation.

Le danger n’est plus seulement dans le vestiaire, il est dans le téléphone

Après, la leçon que je tire d’une année passée aux côtés de l’AFLD, à la présidence de ce Fonds de dotation, c’est que le danger n’est plus seulement dans le vestiaire. Le danger, il est dans le téléphone. C’est vraiment un truc dingue. Moi, à mon époque, le danger du dopage, c’était le vestiaire. Aujourd’hui, ce n’est pas que ça. Donc ça nécessite un changement de moyens pour effectuer des actions.

Autre chantier : travailler avec la filière. On a eu la chance de travailler avec Virgile Caillet Délégué général @ UNION des ENTREPRISES Sport & Cycle (UESC)
et l’Union des entreprises Sport & Cycle Activité : Fédération professionnelle des entreprises de la filière du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active • Fédère 3 000 entreprises qui représentent plus de 3 000 points de… . Il faut qu’on travaille aussi avec les filières qui, aujourd’hui, veulent essayer de bien faire, mais ne sont pas reconnues ou dont on ne protège pas assez les consommateurs par l’information. Il faut qu’on travaille avec eux. qu’on prenne des engagements communs.

L’éthique n’est pas un frein à la performance, elle est une condition à la performance durable

Chantier n° 3 : aller dans les écoles. Pour pouvoir faire vraiment du déploiement. Avec toute fédération qui nous présentera des projets consistants pour développer la pratique sportive saine et propre et qui voudra faire quelque chose avec des collèges, des écoles primaires. Ça touchera les gamins sur leur lieu de vie.

Comment nous rejoindre ? C’est du mécénat. Au Crédit Mutuel, on a impulsé la chose et il faut que d’autres entreprises nous rejoignent. C’est quelque chose qui est quand même assez vertueux, parce que vous êtes sur une cause sociétale, tout en n’étant pas en train de bouger les équilibres financiers de votre entreprise. Donc là, c’est vraiment une invitation à nous rejoindre. Ce sont des dons déductibles. C’est quelque chose qui ne coûte pas grand-chose et qui a un effet levier extrêmement important.

La santé n’a pas de prix et il faut être cohérent : si vous faites du sponsoring sportif, à un moment donné, je pense qu’il faut veiller aussi à ce que ça se fasse dans de bonnes conditions et pour les raisons pour lesquelles on s’était engagé là-dedans. C’est en gros, avoir une certaine forme de cohérence.

Pour terminer, j’ai deux messages qui émergent. D’abord, il faut bien avoir conscience que le dopage commence rarement par le dopage.

La deuxième chose, en termes d’éducation, c’est un peu philosophique, mais c’est que l’éthique n’est pas un frein à la performance. En fait, c’est une condition à la performance durable. C’est pour ça que, quand je parle d’éducation, c’est à tous les étages, y compris dans la réflexion de pourquoi je pratique. Et c’est important de faire prendre conscience.

Dominique Carlac’h, présidente du Fonds de dotation « Pour un sport propre »

« Le champion de demain, c’est le jeune pratiquant d’aujourd’hui et il faut qu’on accompagne ce jeune qui se construit » (M. Hesry, AFLD)

Marilyn Hesry, secrétaire générale de l’AFLD, le 15/10/2026 - ©  Seb Lascoux
L’AFLD et le Fonds de dotation poursuivent la même ambition, qui est vraiment de faire du sport propre une exigence et une culture partagée. Mais nous n’agissons pas au même moment, ni avec les mêmes moyens.

La mission d’éducation est désormais, depuis 2021, une mission centrale de l’AFLD. Elle déploie sa mission d’éducation principalement à l’attention des sportifs de haut niveau. C’est sa mission prioritaire. Donc elle leur donne des connaissances, des repères, des bons réflexes pour les aider dans leurs choix. Et pour ça, l’agence s’appuie sur un réseau d’éducateurs formés au sein des fédérations, on a environ 200 éducateurs formés au sein des fédérations, des établissements du Grand INSEP Institut national du sport, de l’expertise et de la performance , du CNOSF. Et c’est, pour vous donner un ordre d’idée, près de 15 000 sportifs et encadrants qui ont été formés en 2025 pour ces actions, à l’attention de ce public prioritaire que sont les sportifs de haut niveau.

Le Fonds de dotation, lui, a vocation à agir plutôt en amont et à s’adresser davantage au jeune public, aux jeunes pratiquants. Nous devons vraiment penser le parcours du sportif un peu dans sa continuité. Le champion de demain, c’est le jeune pratiquant d’aujourd’hui. Et ça, c’est vraiment important, il faut qu’on accompagne le jeune qui se construit, qu’on accompagne son entourage qui l’influence, qu’on accompagne aussi l’environnement de ce jeune qui façonne des comportements.

La culture du sport propre ne se décrète pas, elle s’apprend

La culture du sport propre ne se décrète pas, elle ne se construit pas uniquement au plus haut niveau, mais elle s’apprend, elle se transmet et elle s’ancre dès le plus jeune âge.

Donc c’est vraiment pour ça qu’on a souhaité, à travers ce Fonds de dotation, se focaliser sur ce jeune public pour essayer d’amplifier cette dynamique en complémentarité avec l’action de l’AFLD. Et notre force, c’est vraiment la complémentarité des moyens d’action, des leviers pour transformer cette exigence du sport propre en une évidence demain pour l’ensemble de la jeunesse.

Depuis 2022, pour vraiment faire progresser l’éducation antidopage, on agit sur trois leviers.

1.- Mieux comprendre les pratiques.

2.- Inventer des outils de prévention innovants.

3.- Fédérer les énergies autour de cette cause, fédérer l’ensemble des acteurs qui font vivre le sport.

Mieux comprendre les pratiques pour mieux prévenir

Donc premier levier, mieux comprendre les pratiques pour mieux prévenir. L’idée, là, c’est de nous adapter aux réalités de terrain. On a lancé une grande enquête en partenariat avec l’Union des entreprises Sport & Cycle sur la consommation de compléments alimentaires. C’est le sujet phare auquel on s’intéresse. Il s’agit de mieux connaître les usages de consommation pour savoir comment on peut agir utilement demain.

Deuxième levier : enrichir la boîte à outils de l’éducation antidopage avec des outils innovants, interactifs. On a déjà soutenu 12 initiatives portées par des fédérations et des clubs. Quelques exemples : un jeu de plateau éducatif développé par la Fédération Française de Cyclisme, des vidéos de sensibilisation réalisées avec la Fédération Française de Volley, une bande dessinée accessible sur les contrôles antidopage conçue avec la Fédération Française du Sport adapté.

Et cette dynamique, elle se poursuit avec deux outils complémentaires qui viennent un peu renouveler les approches en matière de sensibilisation pour proposer des formats un peu plus interactifs, plus innovants et pour faciliter aussi cette appropriation des messages.

On a développé un kit pédagogique avec des collégiens et des lycéens

On a donc développé un kit pédagogique avec des collégiens et des lycéens qui sera bientôt commercialisé pour les sensibiliser aux valeurs du sport, avec une approche un peu jeu de rôles qui marche très bien et qui leur fait vivre l’expérience du dopage, qui les confronte au choix de se doper ou pas, aux conséquences de leurs actions.

En général, ça les fait vraiment réfléchir et ça marche plutôt très bien. On a développé donc le Boost’Shop (lancée en partenariat avec la Fédération Française d’Athlétisme et le Fonds de dotation pour un sport propre), qui est une expérience immersive et interactive dans un magasin virtuel de compléments alimentaires et de produits dopants, qui marche aussi très bien, qui sensibilise les jeunes aux risques associés à la prise de compléments alimentaires ou de produits dopants et qui surtout les éveille aux bons réflexes à avoir, parce que c’est important de ne pas diaboliser, de ne pas moraliser, mais vraiment d’être dans une démarche très positive.

L’éducation antidopage ne peut pas reposer sur la seule AFLD

Troisième levier : fédérer les acteurs pour essayer d’amplifier l’action et l’impact de la prévention. Notre conviction, c’est qu’évidemment, l’éducation antidopage ne peut pas reposer sur la seule AFLD, elle ne peut pas reposer sur le Fonds seul. Elle doit évidemment s’ouvrir aux acteurs de la société civile, de l’économie du sport. Et c’est évidemment en créant des synergies qu’on sera meilleurs tous ensemble.

L’idée, c’est de croiser les expertises, de multiplier les points de contact avec l’ensemble des jeunes et de faire vivre les messages de prévention dans l’ensemble des environnements sportifs pour contrecarrer l’influence des réseaux sociaux qui est très forte et qui fait que parfois on a un peu du mal à lutter contre Tibo InShape (vidéaste spécialisé dans la musculation) dans notre institution feutrée du 8, rue Auber à Paris (9e).

En ce qui concerne la lutte contre le dopage animal et la préservation du bien-être des animaux de manière générale, cela fait partie aussi des objectifs du Fonds, mais c’est clairement un axe qu’on n’a pas encore eu le loisir d’explorer, faute de temps et de moyens.

En matière de dopage animal, derrière certaines pratiques, il y a bien souvent la volonté de masquer la douleur de l’animal

On l’explorera sans doute à court ou moyen terme, peut-être en premier lieu sur les chevaux et la filière équine, bien sûr. Pourquoi c’est important ? Ce qu’on constate, nous, à l’Agence, à travers les affaires de dopage qu’on peut traiter en matière de dopage animal, c’est que bien souvent, derrière certaines pratiques, il y a la volonté de masquer la douleur de l’animal, de lui faire reprendre la compétition plus tôt que prévu, de repousser les limites de l’animal. Et je dirais que peut-être même encore plus que pour les affaires de dopage humain, lutter contre le dopage animal et en particulier équin, c’est vraiment avant tout protéger le bien-être et l’intégrité physique de l’animal et du cheval en particulier.

Notre approche visera à prévenir ces pratiques qui mettent tout simplement en danger la santé de l’animal, accompagner les acteurs de la filière équine, qui font déjà beaucoup, mais dans une optique évidemment de responsabiliser les pratiques sur le bon usage des médicaments, le respect des délais d’élimination, la prévention des sources de contamination.

Le bien-être animal, une cause à laquelle les Français sont de manière générale assez attachés

Enfin, il y a beaucoup de choses à faire aux côtés des fédérations, des acteurs de la filière et en prévoyant des projets très concrets qui s’adresseraient à l’ensemble des acteurs, les cavaliers, les entraîneurs, les propriétaires, les responsables d’écuries.

On peut imaginer beaucoup de choses et je crois que le bien-être animal est une cause à laquelle les Français, de manière générale, sont assez attachés, mais qui est souvent assez peu vue sous cet angle-là, de l’intégrité physique, du dopage. Et je pense qu’il y a sans doute un créneau à prendre et dont on se saisira dans les prochains mois.

Marilyn Hesry, secrétaire générale de l’Agence française de lutte contre le dopage, le 15/10/2026 - ©  Seb Lascoux
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont été un formidable accélérateur de l’éducation antidopage en France. Ils ont vraiment permis de déployer une éducation antidopage à l’égard des sportifs de haut niveau et en particulier un programme spécifique à l’égard des sportifs de la délégation de Paris 2024 et leurs encadrants, grâce vraiment à une coopération étroite avec le CNOSF, le CPSF Comité Paralympique et Sportif Français et les fédérations, avec un objectif qui était de minimiser le risque de dopage par négligence et de maximiser les chances de médaille pour nos sportifs, mais dans le respect des règles antidopage.

Donc ça, c’est l’héritage majeur à l’égard du haut niveau et je crois que cet héritage, on se doit de le transmettre aux autres niveaux sportifs,

En revanche, ce qu’on peut regretter, c’est que la sensibilisation du grand public pendant les Jeux est restée quand même très limitée sur le sport propre. Elle est restée limitée à quelques initiatives, et ce n’est pas faute d’avoir essayé de pousser le sujet, mais il était en concurrence avec bien d’autres et on a eu du mal à clairement le promouvoir.

L’enjeu, c’est vraiment d’essayer d’amplifier la dynamique, de changer d’échelle

Donc, l’enjeu, c’est vraiment d’essayer d’amplifier cette dynamique avec la perspective des grands événements à venir, les Alpes 2030 Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Alpes 2030 , et c’est vraiment d’essayer de changer d’échelle et de donner de la visibilité pour faire vivre ces messages de prévention sur le sport propre auprès du grand public.

Et je crois que le Fonds de dotation a vraiment un rôle à jouer important en la matière pour transformer cet héritage événementiel en un héritage durable et faire en sorte que cette culture du sport propre soit partagée par tous, y compris les plus jeunes, et cela bien au-delà des Jeux.

Marilyn Hesry, secrétaire générale de l’Agence française de lutte contre le dopage

Une conférence animée par Florian Brejon, directeur général de News Tank Football / Sport, le 15/10/2026 - ©  Seb Lascoux

Dominique Carlac’h


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Parcours

Fonds de dotation « pour un sport propre »
Présidente
Comité national olympique et sportif français (CNOSF)
Vice-présidente en charge de la prospective, de l’innovation et du numérique
ABGi France
Vice-présidente en charge des relations institutionnelles et du développement
Comité stratégique du Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, géré par Crédit Mutuel Impact
Présidente
Agence nationale du Sport
Vice-présidente
Conseil économique, social et environnemental (Cese)
Conseillère
Association des conseils en innovation
Présidente d’honneur
D&Consultants
Présidente
Mouvement des entreprises de France (Medef)
Présidente du comité Sport - Paris 2024
Mouvement des entreprises de France (Medef)
Porte-parole, vice-présidente et présidente de la Commission Nouvelles Responsabilités Entrepreneuriales

Établissement & diplôme

HEC Paris (Ecole des hautes études commerciales de Paris)
Diplômée (formation continue)
Sciences Po Grenoble (IEP Grenoble)
Diplômée

Fiche n° 21668, créée le 02/03/2017 à 14:00 - MàJ le 21/10/2026 à 16:40

Marilyn Hesry


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Parcours

Ville de Rouen
DGA du Pôle Management des Ressources
Ville de Rouen
Adjointe du DGA du Pôle Management des Ressources
Ville de Rouen
Directrice adjointe des finances

Fiche n° 56990, créée le 21/09/2026 à 15:56 - MàJ le 21/10/2026 à 16:40

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Dominique Carlac’h et Marilyn Hesry à l’Hôtel des Invalides lors de Think Sport CIC le 15/10/2026 - ©  Seb Lascoux