Municipales 2026/Rennes : « Je veux construire un nouveau stade à horizon 2032 » (Charles Compagnon)

News Tank Sport - Paris - Entretien n°433328 - Publié le
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Charles Compagnon, candidat Horizons à la mairie de Rennes (Ille-et-Vilaine) - ©  Vivre Rennes / YouTube

« Avec la règle du fair-play financier, un stade de 25 à 28 000 places ne sera plus suffisant pour les ambitions d’un club en Ligue 1. On le voit à Lille, à Lyon, etc. Les clubs ont besoin de stades de 35 000 à 45 000 places. C’est pourquoi je veux construire un nouveau stade à horizon 2032. Les professionnels affirment que c’est important et ils veulent être propriétaires. Nous avons un déficit de grosses infrastructures à Rennes », déclare à News Tank Charles Compagnon, candidat à la mairie de Rennes (« Vivre Rennes avec Charles Compagnon », liste d’union au centre) pour la mandature 2026-2032, le 06/03/2026.

Le Stade Rennais FC Activité : club de football professionnel français Partenaires majeurs : • Samsic (propreté, environnement, emploi, sécurité et services à la personne) : sponsor maillot principal, 2004-2029… (Ligue 1 McDonald’s Appellation du Championnat de France de football de première division sur le cycle 2024-2027 (30 M€ par saison) ) évolue depuis 1912 au Stade de la Route de Lorient, rebaptisé Roazhon Park (capacité en 2025-26 : 29 778 places) en 2015. Charles Compagnon souhaite la création d’un « Quartier des stades » incluant notamment la nouvelle enceinte et le stade actuel rénové. La construction du nouvel écrin serait totalement financée par des acteurs privés, selon le candidat. « Quand je dis aux Rennais : on propose un projet à 650 M€ financé par des fonds privés, avec rénovation du Roazhon Park, logements et quartier des stades… ou bien 250 M€ d’argent public pour agrandir le stade actuel… ils font vite le calcul », explique-t-il.

« L’équipe féminine du Stade Rennais monte chaque année dans la division supérieure. L’équipe de rugby pourrait accéder à la Pro D2 Deuxième division française de rugby - 16 clubs d’ici trois ans. Le HBA (Haute Bretagne Athlétisme), premier club d’athlétisme de France, n’a pas de stade. Le Roazhon Park pourrait devenir un stade multisport autour du rugby, du foot féminin et de l’athlétisme », affirme le candidat.

Ce dernier souhaite aussi accueillir le Grand Départ du Tour de France pour la première fois à Rennes. « En 2020, la mairie a refusé le Grand Départ (pour l’édition 2021) pour des raisons écologiques ou idéologiques. Brest l’a finalement accueilli. Cela est toujours difficile à accepter dans les quartiers populaires et chez les commerçants à Rennes. Les Rennais me parlent souvent de ce sujet. Comment a-t-on pu refuser d’accueillir un tel événement ? », ajoute Charles Compagnon, qui répond aux questions de News Tank.


Marie Mesmeur - Faire mieux pour Rennes, union populaire et écologiste (La France Insoumise)

Sandra Chirazi - Lutte ouvrière, le camp des travailleurs (extrême-gauche)

Nathalie Appéré - Rennes solidaire (liste d’union à gauche)

Yan Mélan - Équinoxe Rennes, pour une ville vivante, apaisée et résiliente (écologiste)

Victor Darcissac - NPA Révolutionnaires - Rennes, ouvrière et révolutionnaire (extrême-gauche)

Charles Compagnon Directeur commercial @ Holann • Conseiller municipal @ Mairie de Rennes
- Vivre Rennes avec Charles Compagnon (liste d’union au centre)

Thomas Rousseau - L’espoir rennais (Les Républicains)

Ulysse Rabaté - Rennes commune (extrême gauche)

Julien Masson - Rassemblement pour Rennes (Rassemblement National)

Morgane Pernot-Goarvot - Rennes contre la guerre, pour les travailleurs.es, la jeunesse et les services publics (extrême-gauche)

Erell Duclos - Révolution permanente : reprendre Rennes aux politiciens professionnels (extrême gauche)

« Faire passer le budget lié au soutien du sport de 2,8 à 3,5 M€ serait le minimum syndical » (C. Compagnon)

Comment définiriez-vous la politique sportive que vous aimeriez mettre en place à Rennes ?

La politique sportive est à l’image de la vision que nous voulons développer pour la ville. Elle se résume en deux mots : optimiste et ambitieuse. Le sport est un des parents pauvres des politiques publiques actuelles rennaises. Nous souhaitons rendre une ambition plus forte sur le sport à tous les niveaux, que ce soit au niveau des équipements, des soutiens aux clubs, de la promotion du sport, avec effectivement un certain nombre de mesures très fortes, tant au niveau du sport amateur qu’au niveau du sport professionnel.

Quel serait le budget alloué au sport ?

Aujourd’hui, le budget lié au soutien au sport est de 7 % dans le budget des subventions aux associations. C’est le dernier budget. Avant le sport viennent la solidarité (12 %), l’enfance et la jeunesse (13 %), la culture et le patrimoine (31 %), la citoyenneté et la vie en société (34 %). Le budget est actuellement de 2,8 M€ par an, il faudrait passer à 3,5 M€ en faisant le minimum syndical.

Nous n’avons pas d’adjoint au sport à Rennes, nous en proposons un

Nous partons d’une situation où le budget aux associations sportives et aux activités physiques est le dernier budget. Aussi, nous n’avons pas d’adjoint au sport à Rennes. Sur le changement de méthode, nous proposons un adjoint au sport. Il s’agit de Loïck Le Brun, l’un des anciens présidents du REC Rugby. Nous avons l’équipe pour diriger le sport à Rennes au niveau de la municipalité. Il faut un virage et un raisonnement sportif de la ville, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La ville est sportive par ses structures associatives mais elle n’est pas sportive par sa politique publique.

Il n’y a pas à Rennes, depuis trois ou quatre mandats, d’appétence pour le sport. C’est une ville de 78 000 étudiants. Nous devons être positionnés comme Montpellier ou Toulouse. Il doit y avoir une équipe en Élite 2 championnat de France de deuxième division de basketball (20 clubs) anciennement appelé Pro B , une équipe en première division de volley. Certes, il y a le Stade Rennais. Mais c’est parce qu’il y a la famille Pinault (propriétaire du club via sa société patrimoniale Artemis). Si la famille Pinault n’est pas là, nous n’existons plus sur le sport international. Rennes a aussi le premier club d’athlétisme de France avec le HBA (Haute Bretagne Athlétisme).

Le projet de Quartier des stades - ©  D.R.

Vous voulez donc changer tout cela radicalement ?

Il faut un changement de méthode sur le sport. Nous voulons par exemple instaurer la première licence gratuite pour les enfants. Nous souhaitons que tous les enfants en âge de faire du sport soient accompagnés sur leur première licence. La licence est prise en charge dans le budget de la mairie. C’est une incitation à la pratique sportive. Une fois que l’enfant a goûté au sport, on peut avoir tous les enfants de Rennes qui rentrent dans un club. Aujourd’hui, cela n’existe pas.

Ce travail porte sur le volet vivier sportif, mais c’est aussi sur le volet santé parce que nous avons un programme « Bouge avec Rennes ».

Il y a du club amateur parce qu’il y a du club pro : les enfants s’inscrivent au foot parce qu’il y a le Stade Rennais, ou au rugby parce qu’il y a le REC Rugby. Nous voulons aussi soutenir fortement le sport professionnel et semi-professionnel à Rennes par des infrastructures et des subventions.

Comment se traduirait ce soutien ?

Nous développons le projet de Quartier des stades

Nous développons le projet de « Quartier des stades. » C’est un projet résolument ambitieux. Le Roazhon Park est proche de la rocade, au bord d’une grande route qui passe en dessous de cette rocade. Cela forme une croix et le Roazhon Park se situe dans un des angles. De l’autre côté, il y a un immense terrain disponible sur lequel François Pinault voulait construire son stade de 40 à 45 000 places pour le Stade Rennais. Il voulait le faire en 2024. Le terrain était disponible, le club était d’accord, le propriétaire était d’accord, les propriétaires du terrain étaient d’accord, et Nathalie Appéré (maire de Rennes, candidate à sa réélection) a refusé. Elle ne voulait pas qu’il y ait un deuxième stade et surtout un stade privé.

Nathalie Appéré (liste d’union à gauche) indique dans son programme vouloir rénover le stade plutôt que d’en construire un nouveau. Pourquoi êtes-vous en faveur de la construction d’une nouvelle enceinte ?

Avec la règle du fair-play financier, un stade de 25 à 28 000 places ne sera plus suffisant pour les ambitions d’un club en Ligue 1. On le voit à Lille, à Lyon, etc. Les clubs ont besoin de stades de 35 000 à 45 000 places. C’est pourquoi je veux construire ce stade à horizon 2032. Les professionnels affirment que c’est important et ils veulent être propriétaires. Nous avons un déficit de grosses infrastructures à Rennes.

Le Roazhon Park serait conservé. Ce serait donc un quartier des stades, où l’idée serait de réaménager complètement le quartier pour en faire un quartier du sport capable d’accueillir des événements toute la semaine.

Le Roazhon Park - ©  Stade Rennais

L’équipe féminine du Stade Rennais monte chaque année dans la division supérieure. L’équipe de rugby pourrait accéder à la Pro D2 d’ici trois ans. Le HBA, le premier club d’athlétisme de France, n’a pas de stade. Le Roazhon Park pourrait devenir un stade multisport autour du rugby, du foot féminin et de l’athlétisme.

Mais 28 000 places constituent une trop grande capacité pour cela. L’idée serait de réduire certaines tribunes et de transformer une tribune en logements. Nous avons besoin de logements à Rennes. Ce que je propose n’est pas révolutionnaire. C’est simplement regarder ce que d’autres villes ont fait. Nous pourrions avoir deux stades côte à côte, un peu comme le Parc des Princes et le Stade Jean Bouin à Paris. Ici, ils seraient à environ 150 mètres. Et tout autour serait créé un véritable quartier du sport : équipementiers, loisirs, sièges de clubs et d’associations.

Quel serait le coût de ce nouveau stade ?

Le projet entièrement financé par des fonds privés et proposé par le club à Nathalie Appéré a été refusé en 2024. La maire a dans un premier temps refusé l’extension du stade. Le club lui a indiqué que la capacité actuelle du Roazhon Park n’était plus viable et qu’il fallait une extension à horizon cinq ans.

Discuter avec des partenaires privés ne me pose aucun problème

Je viens du monde de l’entreprise, donc discuter avec des partenaires privés ne me pose aucun problème. La différence idéologique est là. L’actuelle maire veut uniquement des équipements municipaux.

La rénovation du stade actuel, elle, serait autofinancée en vendant une tribune à des promoteurs pour faire du logement. On réduit certaines tribunes, on réaménage la pelouse et on ajoute une piste d’athlétisme. En dehors des infrastructures routières, nous serions donc sur des projets autofinancés.

Est-ce que la question du stade est devenue un élément majeur de la campagne municipale ?

Nous ne l’avons pas pensé comme cela. Nous l’avons pensé comme une nécessité. Ce sont les gens qui se sont approprié le sujet. J’ai fait une vidéo pour expliquer le projet  et elle a fait 200 000 vues sur les réseaux sociaux. C’est en train de devenir un marqueur de la campagne.

Quand je dis aux Rennais : on propose un projet à 650 M€ financé par des fonds privés, avec rénovation du Roazhon Park, logements et quartier des stades… ou bien 250 M€ d’argent public pour agrandir le stade actuel… ils font vite le calcul.

Vous parlez aussi d’accueillir le Grand Départ du Tour de France. Pourquoi ?

Le Tour de France devant la Butte Montmartre, le 27/07/2025 - ©  Tour de France / X

La Bretagne est une terre de vélo

Nous voulons accueillir le Grand Départ du Tour de France pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’ai été restaurateur au centre-ville de Rennes. En 2015, quand une étape du Tour est arrivée à Rennes, j’avais un restaurant sur la Place des Lices. L’activité était énorme pendant quatre jours. On ne savait plus où mettre les clients. J’ai vu concrètement les retombées économiques.

La deuxième raison est que la Bretagne est une terre de vélo. Rennes, capitale de la Bretagne, devrait naturellement accueillir le Tour. En 2020, la mairie a refusé le Grand Départ (pour l’édition 2021) pour des raisons écologiques ou idéologiques. Brest (Finistère) l’a finalement accueilli. Cela est toujours difficile à accepter dans les quartiers populaires et chez les commerçants à Rennes. Les Rennais me parlent souvent de ce sujet. Comment a-t-on pu refuser d’accueillir un tel événement ? Accueillir le Grand Départ est compliqué, mais redevenir ville-étape est déjà très important.

Au-delà du Tour de France ou des Internationaux de France de badminton (accueillis en 2023 et 2025), quels autres événements aimeriez-vous voir à Rennes ?

Nous pourrions accueillir des championnats d’athlétisme

Nous pourrions par exemple accueillir des championnats d’athlétisme. Mais il faut les équipements. Nous disposons d’une nouvelle enceinte indoor d’athlétisme, le stade Robert-Poirier. Mais il manque un couloir sur la piste. Il n’est donc pas homologué pour des compétitions internationales indoor. En hiver, la lumière du stade est éteinte à 18 heures pour économiser l’énergie. Ce n’est pas normal pour les athlètes.

Ensuite, il y a l’Open Blot de Rennes. C’est pour le moment un tournoi ATP Association des Tennismen Professionnels. Fondée en 1972, basée à Londres (ANG). Organise les tournois de tennis professionnel masculins (Masters 1000, ATP 500, ATP 250, ATP World Tour Finals). Challenger, mais il pourrait monter en gamme avec un peu plus de soutien.

Rennes n’a pas postulé pour accueillir des matches de l’Euro 2016 Championnat d’Europe des nations de football, organisé en France du 10/06 au 10/07/2016 et remporté par le Portugal (victoire 1-0 après prolongation en finale contre la France) de football. Nous avons accueilli seulement des matches de Coupe du monde féminine en 2019. Pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. , Rennes était seulement « Terre de Jeux ». Quand on aime le sport, c’est frustrant.

Quels éléments de la politique sportive actuelle changeriez-vous ?

La politique sportive est importante. Le sport apporte beaucoup de valeurs. La majorité municipale a instauré des subventions « non genrées » il y a deux ans. Un licencié homme vaut 2 points de subvention, une licenciée femme vaut 4. Cela est fait pour encourager la féminisation du sport.

Pour les enfants, ils ont aussi ajouté une catégorie « non genrée » : un petit garçon vaut 1, une petite fille vaut 2, et un enfant non genré vaut 2. Cela veut dire qu’un club aura plus de subventions s’il accueille un enfant « non genré » plutôt qu’un petit garçon. J’ai été bénévole dans un club de basket. On avait des équipes U13 garçons et U13 filles, mais pas d’équipe non genrée. Donc si un enfant se déclare ”non genré”, on le met où ? Pour moi, on met des idéologies politiques dans le sport amateur chez les enfants. Et cela n’a rien à faire là. Il faudrait supprimer ce système.

La politique politicienne ne doit pas entrer dans le sport

Aussi, plus un club fait de déplacements, moins il a de subventions parce que ce n’est pas écologique. Mais quand une équipe monte de niveau, elle doit forcément se déplacer plus loin. Un élu de la majorité m’a même répondu en conseil municipal : « Le sport, ce sont des classements, et les classements, c’est de droite ». Je pense exactement l’inverse. J’ai vu le travail des éducateurs dans certains clubs de quartiers populaires, c’est extraordinaire. Le sport permet à des jeunes de trouver un cadre, une discipline, des repères. C’est pour cela que je dis que la politique politicienne ne doit pas entrer dans le sport.

Charles Compagnon


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Fiche n° 56037, créée le 09/03/2026 à 17:39 - MàJ le 09/03/2026 à 22:27

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Charles Compagnon, candidat Horizons à la mairie de Rennes (Ille-et-Vilaine) - ©  Vivre Rennes / YouTube