Paris / municipales 2026 : « On a fait en un mandat ce qui se fait d’ordinaire en trois » (Pierre Rabadan)

News Tank Sport - Paris - Entretien n°430707 - Publié le
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Pierre Rabadan (03/07/1980), adjoint à la maire de Paris en charge du Sport, des JOP et de la Seine - ©  Baptiste Dereclenne / DJS

« En matière de construction et de rénovation d’équipements sportifs, nous avons réalisé en un mandat ce qui se fait d’ordinaire en trois. C’est évidemment dû aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. , mais aussi à un effet d’entraînement : lorsque l’on organise un tel événement, le sport focalise certains arbitrages favorables en matière budgétaire pour le sport », déclare Pierre Rabadan Adjoint à la maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne @ Mairie de Paris
, adjoint à la maire de Paris en charge du Sport, des Jeux Olympiques et Paralympiques et de la Seine, à News Tank, le 14/02/2026.

« J’ai eu la chance et l’opportunité d’avoir la responsabilité pour la Ville de Paris de deux projets historiques et exceptionnels, les Jeux de Paris 2024 et la baignade en Seine pour tous, après un siècle d’interdiction », ajoute l’ancien rugbyman, cinq fois champion de France, à l’heure du bilan, puisque les élections municipales sont programmées les dimanches 15 et 22/03/2026.

L’avenir ? « Je travaille avec Emmanuel Grégoire (candidat PS à la mairie de Paris après avoir été le premier adjoint d’Anne Hidalgo de 2018 à 2024) depuis longtemps et je serai sur sa liste. Je sais qu’il a une vision claire et une volonté forte de développer les activités physiques et le sport à Paris, dans toutes leurs dimensions : une politique publique qui soutient à la fois le sport de proximité, accessible à toutes et tous dans tous les arrondissements, et le sport de haut niveau qui fait rayonner la capitale », annonce Pierre Rabadan.

Chargé des Sports depuis le 03/07/2020, il envisage donc un nouveau mandat, « mais pas forcément que dans le sport ». Président de l’Office du tourisme de Paris (« Paris je t’aime ») il souligne ainsi avoir noué « énormément de relations internationales dans le cadre des Jeux… C’est une option qui me plaît ».

L’ancien international du XV de France revient sur les satisfactions de sa mandature aux côtés de la maire PS Anne Hidalgo, qui ne se représente pas. « Les Jeux de Paris 2024 constituaient évidemment le rendez-vous de la mandature sur le volet sport. En 2016, nous avons lancé une politique qui devait nous permettre d’obtenir l’organisation des Jeux. Aujourd’hui, l’expertise parisienne dans l’organisation d’événements est reconnue à l’échelle mondiale, ce qui attire également de nouveaux acteurs », indique celui qui assure « avoir rempli tous les objectifs fixés en début de mandat ».

Des réussites, mais aussi quelques regrets, notamment au niveau des relations avec le Paris SG : « J’aurais aimé que les choses se passent différemment au sujet du Parc des Princes. Que le Paris Saint-Germain décide de rester au Parc, ce que j’espère, ou qu’il s’en aille, il aura de toute façon perdu du temps », explique Pierre Rabadan, que le club champion d’Europe a réinvité au Parc des Princes (Paris 16e) pour la première fois en trois ans à l’occasion du derby Paris SG - Paris FC (2-1), le 04/01/2026.

Si l’élu veut continuer à faire vivre l’héritage des Jeux de Paris 2024, il se projette aussi sur ceux d’hiver dans les Alpes françaises en 2030. « Nous essayons de poser un cadre et de faire le lien avec les Alpes 2030. Nous réfléchissons à mettre en place des projets, comme des stages de montagne pour des jeunes qui n’ont jamais eu l’opportunité d’y aller », souligne Pierre Rabadan qui répond aux questions de News Tank.


« J’espérais un réel changement dans la considération politique du sport, nous n’y sommes pas encore » (P. Rabadan, Ville de Paris)

Quels étaient les objectifs principaux de votre mandat (2020-2026) ?

Les anneaux olympiques hissés sur la Tour Eiffel avant les Jeux de Paris 2024 - ©  Paris 2024
Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 Jeux de la XXXIIIe Olympiade attribués à Paris (FRA) lors de la 131e session du CIO, à Lima (PÉR), le 13/09/2017 :
• Jeux Olympiques du vendredi 26/07 au dimanche 11/08/2024.
• Jeux Paralympiques du…
étaient bien entendu l’événement le plus attendu, même si nous devions aussi réussir auparavant l’accueil de la Coupe du monde 2023 Coupe du monde de rugby 2023 organisée en France du 08/09 au 28/10/2023. de rugby, pour laquelle l’enjeu à Paris se situait essentiellement sur le ”Village Rugby”. Il était prévu qu’il soit installé au Jardin des Invalides, ce qui a été refusé par la mairie du VIIe arrondissement (Rachida Dati). Finalement, son emplacement sur la place de la Concorde a permis de débloquer la vision d’une nécessaire évolution de cet espace patrimoniale remarquable et des possibilités pour son aménagement futur.

Les Jeux de 2024 constituaient évidemment le rendez-vous de la mandature sur le volet sport, même si nous avions d’autres objectifs en dehors de l’accueil de grands événements. À Paris, il y a énormément de sollicitations pour l’organisation de courses, d’événements sportifs et extra-sportifs, etc. En 2016, nous avons lancé une politique qui devait nous permettre d’obtenir l’organisation des Jeux (le 13/09/2017). Aujourd’hui, l’expertise parisienne dans l’organisation d’événements est reconnue à l’échelle mondiale, ce qui attire également de nouveaux acteurs. Une ville patrimoniale et historique comme Paris offre la possibilité d’organiser des événements différents et uniques.

L’attractivité du territoire parisien comme terre d’événements sportifs est aujourd’hui reconnue partout dans le monde

Tout ceci a évidemment été validé par la réussite exceptionnelle des Jeux et de tous les événements accueillis à Paris. Beaucoup de doutes avaient été émis en amont, mais Paris 2024 a réglé définitivement cette question. Nous recevons des sollicitations de grandes structures américaines, à l’instar de la NBA et de la NFL, d’organisateurs de championnats du monde, d’événements esport ou de sports traditionnels…

En parallèle, nous avons accéléré la construction et la rénovation d’équipements sportifs, en particulier des piscines pour permettre de mieux répondre à la demande croissante de pratique sportive. Nous avons également renforcé l’accompagnement des clubs et optimisé la gestion des 500 sites sportifs répartis sur le territoire. Ces deux priorités ont été déterminantes pour développer le sport de proximité.

La demande a donc évolué entre le début et la fin du mandat ?

En effet. L’attractivité du territoire parisien comme terre d’événements sportifs est aujourd’hui sanctuarisée et reconnue partout dans le monde. Il convient désormais de gérer cette demande, en s’interrogeant sur notre positionnement : les modèles de grands événements ne sont pas tous identiques, et certains reposent plus ou moins sur une participation financière du territoire.

Quel héritage des Jeux gardez-vous en interne ?

Une organisation en mode projet

Les Jeux ont poussé la Ville à travailler différemment durant les six années du mandat dans la manière d’investir et de lancer des projets. Lorsque nous sommes arrivés en 2020, tout devait être prêt pour 2024. Cette singularité n’a pas touché que le service des Sports : l’accueil des Jeux a nécessité la coordination de l’ensemble des services de la Ville. Le COJOP a réalisé l’essentiel du travail en matière d’organisation sportive ; de notre côté, nous avons monté des équipes qui ont travaillé de manière transversale pour organiser cet événement non seulement d’une ampleur inédite et historique en France, mais aussi très atypique, qu’il s’agisse des flux à gérer sur l’espace public ou des impacts de la cérémonie d’ouverture sur la Seine. Tout ceci constituait un défi enthousiasmant, mais a nécessité d’embarquer les agents de la Ville et de les faire travailler différemment, en mode projet, ce qui n’est pas forcément la culture des administrations françaises.

Anne Hidalgo, Tony Estanguet et Pierre Rabadan - ©  D.R.

Nous avons monté la Délégation Générale aux Jeux Olympiques et Paralympiques et aux Grands Événements (DGJOPGE), qui comptait quatre personnes en 2017 contre 200 à la veille des Jeux. Il y avait également, au sein de chaque direction, un référent Jeux et des équipes dédiées. C’était une organisation intéressante d’un point de vue managérial, qui nous a appris à fonctionner différemment et qui constitue un véritable héritage olympique.

J’ai proposé un rapport post-Jeux, à la demande de la maire Anne Hidalgo
Née le 19/06/1959
, des prescriptions d’évolution de l’organisation de la ville. Cette organisation en mode projet a très bien fonctionné, comme cela a été le cas pour la baignade dans la Seine, qui constitue à mon sens un autre marqueur fort du mandat. J’ai récupéré la délégation de la Seine en 2021, avec un double enjeu : organiser certaines compétitions pour les Jeux et ouvrir les trois sites de baignade qui ont été inaugurés en 2025.

La dynamique des Jeux a permis de dégager des co-financements, plus difficiles à trouver aujourd’hui

Derrière le succès des Jeux se cache le travail, nécessairement moins visible, effectué auprès des clubs du territoire pour leur performance et leur développement. Nous ne sommes pas responsables de leurs performances à proprement parler, même si nous avons parfois un rôle à jouer dans la gestion des infrastructures. Le Paris Saint-Germain Activité : club de football professionnel français Bureaux administratifs : 53, avenue Emile Zola, 92100 Boulogne-Billancourt Top sponsors : • Nike (équipementier) : 20 M€ par an de 2014-15 … est une machine qui fonctionne quasiment toute seule, mais je pense au Paris FC Partenaires principaux : • Royaume du Bahreïn : sponsor maillot principal, depuis 2020 • adidas (équipementier) : 2022-2034Partenaires majeurs :• Red Bull (boissons énergisantes)• Vinci… , au Paris Basketball Activité : club de basket professionnel Création : le 12/07/2018Co-propriétaires : Eric Schwartz (actionnaire majoritaire), David Kahn et Omar Sy CEO : David Kahn Directeur général délégué … , aux équipes féminines de haut niveau de handball et de volley (Paris 92 Activité : club professionnel de handball Création : 1999 • Issy-les-Moulineaux Handball en 1999 puis Issy Paris Hand en 2009 Président : Pierre-Louis Amate Directeur général : Pierre… , Les Mariannes)…

En matière de construction et de rénovation d’équipements sportifs, nous avons réalisé en un mandat ce qui se fait d’ordinaire en trois. C’est évidemment dû aux Jeux, mais aussi à un effet d’entraînement : lorsque l’on organise un tel événement, le sport focalise certains arbitrages favorables en matière budgétaire pour le sport. La dynamique des Jeux a permis également de dégager des co-financements, plus difficiles à trouver aujourd’hui. Enfin l’engagement des agents de la ville de Paris dans la réussite du plus grand événement jamais organisé en France a été essentiel et je les remercie sincèrement.

Tout ceci apporte une vision innovante et nouvelle : tous les projets menés par la Ville de Paris Ville de Paris, département et préfecturePopulation : 2,18 millions d’habitants (2024)Maire de Paris : Anne Hidalgo (PS) depuis le 05/04/2014, réélue le 03/07/2020 Premier adjoint : Emmanuel… sont désormais envisagés sous l’angle de l’impact sur le territoire et l’activité physique et sportive. La création d’infrastructures et la manière de concevoir la ville intègrent désormais ces enjeux. Ce devrait être le cas partout car le besoin d’activité physique est immense en France.

Qu’espérez-vous désormais pour la suite en matière d’héritage ?

Le sport continue d’être une variable d’ajustement budgétaire

Toutes ces avancées doivent s’inscrire dans la durée et c’est un sujet de frustration au niveau national. En dehors des budgets stricts, on a parfois l’impression d’être revenu avant les Jeux, et que le sport continue d’être une variable d’ajustement budgétaire privilégiée, alors qu’on sait qu’un euro investi dans le sport, ce sont 13 euros économisés par la société. Le sport est déjà très mal financé en France et constitue le deuxième plus petit budget de l’État alors qu’il génère 2,6 % du PIB Produit Intérieur Brut . Le ratio est déséquilibré.

En matière d’héritage, en dehors des infrastructures et des dispositifs, j’espérais un réel changement dans la considération politique du sport, et nous n’y sommes pas encore. Le problème, c’est que le retour sur investissement du sport dépasse le temps politique.

La culture sportive française évolue. Le sport n’est plus systématiquement associé à la notion de performances : une autre approche se développe, avec la prise en compte des enjeux de santé physique et mentale. Les clubs ont compris qu’il faut développer un nouveau modèle de fonctionnement.

Le boni du COJOP n’a été que partiellement débloqué

Dans le cadre de l’héritage des Jeux, en tant que ville hôte, nous avons lancé en 2019 des programmes en co-financement (à hauteur de 50 % pour la Ville et 50 % pour le fonds de dotation Paris 2024 ou l’Agence nationale du Sport Structure juridique : GIP (Groupement d’Intérêt Public)Date de création : 24/04/2019Présidente : Marie-Amélie Le FurDirectrice générale : Marie-Cécile TardieuManager général de la Haute… ). Ces dispositifs se sont développés : “Paris Sportives”, pour le développement du sport féminin, avait une dizaine de répondants en 2019, contre 86 cette année. À la liquidation du COJOP, j’ai beaucoup milité pour que le boni soit réinvesti dans le maintien d’une continuité de ces dispositifs : Paris Sportives, Paris Sport Seniors, des programmes de lutte contre le décrochage scolaire, d’éducation par le sport, de sport santé, le savoir nager…

À l’heure actuelle, le boni n’a été que partiellement débloqué : le fonds de dotation Paris 2024 a perçu 11 M€ (sur 40 M€). Nous avons abouti à un premier atterrissage. Il est prévu aussi un élargissement au-delà des parties prenantes de Paris 2024. Le boni des Jeux est évidemment le résultat d’une bonne gestion et de l’atteinte de nos engagements.

Nous essayons de poser un cadre et de faire le lien avec les Alpes 2030. Nous réfléchissons à mettre en place des projets, comme des stages de montagne pour des jeunes qui n’ont jamais eu l’opportunité d’y aller.

Êtes-vous donc satisfait de votre mandat ?

Le travail mené a permis d’atteindre tous les objectifs fixés en début de mandat, et même au-delà

J’ai eu la chance et l’opportunité d’avoir la responsabilité pour la Ville de Paris de deux projets historiques et exceptionnels avec les Jeux de Paris 2024 et la baignade en Seine pour tous, après un siècle d’interdiction. Outre ces deux réussites phares du mandat, nous avons amélioré significativement les infrastructures et l’offre pour le sport de proximité. Et les équipes de haut niveau parisiennes ont connu des performances remarquables.

Nous avons contribué au développement du Paris FC en leur trouvant un stade qui réponde aux normes de la Ligue 1 (Jean-Bouin, Paris 16e). Nous allons aussi effectuer d’importants travaux au Stade Pelé (Paris 13e) qui bénéficieront au Paris 13 Atletico qui évolue en National 1 Troisième division française, 18 clubs (17 clubs en 2025-26, comme la saison précédente) . Par ailleurs, le Paris Basketball est arrivé avec un projet ambitieux, mais ils avaient aussi besoin d’une salle. adidas Activité : équipementier sportif Marques : adidas, Reebok (fitness) Création : 1924 (le 18/08/1949 sous le nom adidas) CEO : Bjørn Gulden Effectif (2023) : 59 030 salariés Chiffre… a très bien investi son naming (adidas arena, Paris 18e), en activant à l’échelle du quartier et en déployant des initiatives qui fonctionnent bien. Les clubs sont souvent exigeants, ce qui est normal, mais nous avons réussi à les mettre dans de bonnes conditions pour performer. Et ils y sont parvenus avec succès.

Au-delà du haut niveau, nous rencontrons encore des difficultés à répondre à la demande de pratique sportive, qui a beaucoup évolué après la crise du Covid-19 ainsi qu’avec les Jeux, notamment dans les grandes villes.

Globalement, nous avons fait tellement plus que ce qui est fait d’ordinaire pendant un mandat et je suis très fier de ce qui a été accompli. Le travail mené a permis d’atteindre tous les objectifs fixés en début de mandat, et même au-delà !

Avez-vous des regrets ?

Une solution sera trouvée pour que le PSG reste au Parc lorsqu’Emmanuel Grégoire sera maire de Paris

J’aurais aimé que les choses se passent différemment au sujet du Parc des Princes. Nous avons traîné cette difficile discussion pendant longtemps, ce qui est dommage : que le Paris Saint-Germain décide de rester au Parc, ce que j’espère, ou qu’il s’en aille, il aura de toute façon perdu du temps.

Sans refaire l’histoire, nous avions réussi à trouver une manière d’agrandir le stade, que le club a accepté à condition de pouvoir le racheter. Nous n’étions pas vendeurs, mais nous avons accepté d’entendre leur offre : ils nous en ont proposé 38 M€, non négociable. À ce moment-là, les discussions se sont arrêtées.

Emmanuel Grégoire candidat PS à l’élection à la mairie de Paris - ©  D.R.

Les relations se sont apaisées à présent avec le club. Il doit pouvoir disposer de tous les éléments au moment de comparer les projets. Emmanuel Grégoire Maire @ Ville de Paris
a fait des annonces sur le réaménagement de la Porte de Saint-Cloud, qui intégrerait évidemment l’agrandissement du Parc des Princes.

Je pense que le Paris SG avait peut-être sous-estimé l’attachement des supporters au Parc, d’autant plus maintenant qu’ils y ont remporté la Ligue des champions. C’est une bonne chose que des échanges existent. La décision du PSG devrait être annoncée à l’automne 2026 selon leur calendrier. Une solution sera trouvée pour que le Paris SG reste au Parc lorsqu’Emmanuel Grégoire sera maire de Paris.

Par ailleurs, j’éprouve quelques regrets sur des projets relatifs à de nouvelles constructions, à des implantations de nouveaux terrains, à des rénovations que j’aurais voulues plus importantes. J’en veux toujours plus pour le sport à Paris, il y a un besoin, mais nous avons fait énormément depuis six ans.

Allez-vous figurer sur liste d’Emmanuel Grégoire ?

Je travaille avec Emmanuel Grégoire depuis longtemps et je serai sur sa liste

Je travaille avec Emmanuel Grégoire depuis longtemps et je serai sur sa liste. Je sais qu’il a une vision claire et une volonté forte de développer les activités physiques et le sport à Paris, dans toutes ses dimensions : une politique publique qui soutient à la fois le sport de proximité, accessible à toutes et tous dans tous les arrondissements, et le sport de haut niveau qui fait rayonner la capitale.

Il connaît le rôle de la Ville : l’accompagnement des clubs au quotidien, l’importance des éducatrices et éducateurs sportifs de la Ville pour développer une pratique pour le plus grand nombre, la gestion des équipements, et le rôle primordial du sport, en matière de santé, d’éducation, d’inclusion et de cohésion. Là où certains se concentrent surtout sur des annonces autour de clubs médiatiques.

L’envie de poursuivre à ses côtés est là. J’ai discuté avec lui de mes envies et il souhaite continuer à travailler avec moi, pas forcément que dans le sport. Je travaille sur d’autres thématiques, j’ai fait énormément de relations internationales dans le cadre des Jeux… C’est une option qui me plaît.

Il y a aussi des projets passionnants que j’ai envie de réaliser, mais il faut attendre le résultat des élections et tout faire pour qu’il devienne maire de Paris.

Marie Barsacq, ex-ministre en charge des Sports, a été nommée à la tête de Paris Entertainment Company Publié le 17/12/2025 à 18:30
Marie Barsacq est nommée directrice générale de Paris Entertainment Company (SAE POPB), société exploitante de l’Accor Arena (12e arrondissement), de l’adidas Arena (18e) et du Bataclan (11e)…
. Vous figuriez dans la short list. Pourquoi cela ne s’est-il pas fait ?

Je ne me suis pas positionné pour des raisons déontologiques

C’est un poste qui m’aurait énormément plu, mais je ne me suis pas positionné pour raisons déontologiques, compte tenu du fait que la Ville de Paris est actionnaire majoritaire de cette structure.

J’ai travaillé de nombreuses années avec Marie Barsacq Directrice générale @ Paris Entertainment Company
, d’abord sur l’héritage des Jeux lorsqu’elle était à Paris 2024, puis lorsqu’elle était ministre des Sports. C’est une professionnelle extrêmement compétente et engagée. Je n’ai aucun doute qu’elle sera une excellente directrice pour Paris Entertainment Company.

Quel regard portez-vous sur le projet d’implantation de la NBA en Europe et plus précisément à Paris ?

Les NBA Paris Games, à l’Accor Arena - ©  D.R.

Concernant les NBA Paris Games, lors de la dernière venue de la NBA à Paris (pour une double confrontation Spurs - Pacers, en janvier 2025), je leur ai demandé de travailler sur des contrats pluriannuels. Ce sont des événements complexes à organiser si l’on veut qu’ils impactent positivement le territoire, avec un cahier des charges important et qui change souvent. La NBA a des exigences en matière de lieu et de vision de leur événement… Pour mieux anticiper et pour maximiser l’impact territorial de ces événements, il faudrait des contrats d’engagement pluriannuels.

Initialement, j’avais proposé des cycles de trois ans. Nous aurons un match en 2027, un autre en 2028, et leur modèle évolue aussi de leur côté : ils veulent venir l’été, organiser des ”summer camps”…

Il y a évidemment le projet de NBA Europe, avec une franchise parisienne. Cela va poser des sujets en matière de salle, puisque la NBA veut des arénas de 12 000 places au minimum. Ils souhaitent s’appuyer sur des marques européennes puissantes. Le choix de Paris est prioritaire, le Paris Basketball est devenu une place forte du basket en Europe.

Quels axes prioritaires identifiez-vous pour la prochaine mandature ?

Certains projets vont sortir de terre : un nouveau gymnase, Porte de Montreuil et la Cité des Sports, Porte de Bagnolet

Il va falloir arriver à aménager davantage l’espace public pour la pratique libre, notamment sur les quais de Seine, qui est l’endroit où les Parisiens font, en volume, le plus de sport. Il y a des nécessités d’aménagement que nous avons déjà essayé de mettre en œuvre, notamment dans le cadre de ma délégation pour la Seine. C’est administrativement très complexe : une partie des quais est gérée par l’établissement public Haropa Ports de Paris, une autre par la Ville, et le tout est protégé.

Nous travaillons aussi à mieux identifier les parcours sportifs. Nous avons par exemple un projet en cours sur l’axe Parc de la Villette - Bastille avec une connexion aux quais de Seine, que nous avons présenté aux maires d’arrondissement.

Il faut également chercher à gagner du mètre carré sportif. L’espace est extrêmement contraint à Paris : il n’y a pas beaucoup d’espaces à aménager. Certains projets vont quand même sortir de terre : un nouveau gymnase, Porte de Montreuil (Paris 20e) et la Cité des Sports, Porte de Bagnolet (Paris 20e).

Le projet de Cité des Sports à la Porte de Bagnolet (Paris 20e) - ©  NZI Architectes

Nous travaillons aussi à la surélévation d’un certain nombre d’équipements, notamment dans la ceinture verte, mais il faut trouver les financements correspondants. L’idée est de pouvoir doubler la surface sportive dans certains centres sportifs en périphérie de Paris, où l’on manque d’espace au sol. Nous avons lancé des études, nous connaissons les coûts associés et nous avons plusieurs sites identifiés pour mener à bien ce type de projet.

Un autre axe d’amélioration consiste à continuer d’ouvrir des créneaux au sein des équipements scolaires, ce qu’ont permis Marie Barsacq et Elisabeth Borne
en tant que ministres, par circulaire. Je demandais depuis cinq ans à ce qu’une décision de l’État nous permette d’arrêter de négocier individuellement avec chaque chef d’établissement pour les inciter légalement à le faire. Il s’agit d’une amélioration majeure à venir pour la pratique sportive à Paris. Nous y travaillons avec la préfecture de la région Île-de-France. 10 établissements sont à l’essai cette année, 15 de plus le seront à la rentrée 2026.

D’autres projets seront annoncés dans le cadre de la campagne

Il faut aussi continuer à développer les créneaux autonomes dans nos équipements quand cela est possible. Nous les avons déjà augmentés de 11 % entre les saisons sportives 2024-25 et 2025-26, pour atteindre 338 heures de créneaux autonomes hebdomadaires. C’est un levier précieux pour les clubs, car cela permet d’augmenter l’offre de pratique sportive pour répondre à la demande, qui demeure malgré tout supérieure à ce qui est possible de faire à Paris.

Nous avons aussi des projets de nouvelles piscines, notamment au Centre sportif Georges Carpentier (Paris 13e). D’autres projets seront annoncés dans le cadre de la campagne, mais voici les axes prioritaires.

Enfin, il faut s’adapter aux évolutions des pratiques avec le développement de nouvelles pratiques sportives urbaines : nous avons désormais, par exemple, une dizaine de pistes de padel permanentes et une vingtaine de temporaires. Il faut stabiliser cette évolution, tout en continuant la rénovation et l’entretien d’équipements de manière proactive.

J’espère que les budgets dédiés au sport continueront d’augmenter

Il faut aussi statuer sur les difficultés liées à la réquisition des gymnases et à l’hébergement d’urgence, et arriver à trouver des alternatives pour que cela n’impacte plus les clubs.

Ce que j’espère aussi, c’est que les budgets dédiés au sport continueront d’augmenter, comme cela a été le cas au cours de cette mandature. La pratique de sport est essentielle en termes d’impact sur la santé physique et mentale, sur l’éducation, l’insertion et le lien social. Passer à côté de cet investissement serait une faute majeure de gestion de notre société, à court, moyen et long termes. Les conséquences de cette inaction sur le sport coûteraient très cher à notre pays, sur le plan financier, comme sur celui de la santé des Françaises et des Français. C’est un combat indispensable à mener. J’y prendrai ma part avec une très grande détermination.

Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris en charge du Sport, des Jeux Olympiques et Paralympiques et de la Seine, à News Tank, le 14/02/2026

Pierre Rabadan


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Fiche n° 13540, créée le 06/10/2015 à 10:48 - MàJ le 30/03/2026 à 17:13

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