Top 14 / Stade Français Paris : « C’est le bon moment pour retourner au Stade de France » (T. Lombard, DG)

News Tank Sport - Paris - Entretien n°453738 - Publié le
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Thomas Lombard, directeur général du Stade Français Paris - ©  SFP

« Le moment était venu pour le Stade Français Paris (Top 14 Première division française de rugby - 14 clubs ) de renouer avec son passé prestigieux et d’afficher son ambition sportive. Il était de nouveau envisageable de pouvoir délocaliser des matches au Stade de France avec une ambition réaliste. Je ne dis pas que nous serons complets demain, mais c’est le bon moment pour y retourner », déclare Thomas Lombard Directeur général @ Stade Français Paris
, directeur général du Stade Français Paris (Top 14), à News Tank le 15/09/2026.

Le club parisien a annoncé le 11/09/2026 qu’il disputerait un match de saison régulière au Stade de France (80 000 places) pour la première fois depuis 2014. La date et l’adversaire ne sont pas connus à ce jour, « tout n’étant pas encore calé » selon l’ancien international français (12 sélections), dont « l’ambition n’est pas de faire un one-shot. J’espère que nous y rejouerons les années suivantes, à moins que le match que nous organiserons cette année soit un échec, ce que je ne crois pas. »

Thomas Lombard revient également sur la cohabitation « qui se passe remarquablement bien » avec le Paris FC (Ligue 1 McDonald’s Appellation du Championnat de France de football de première division sur le cycle 2024-2027 (30 M€ par saison) ) au Stade Jean-Bouin (20 000 places), en vigueur depuis 2025-26. « Nous devrions avoir des convergences sur certains sujets dans les années suivantes, notamment la billetterie, avec des offres communes que nous pourrions construire. Pourquoi pas des sponsors aussi, qui pourraient passer du rugby au foot ou du foot au rugby », se projette-t-il.

Sportfive, régie commerciale internalisée au sein des équipes du Stade Français depuis 2022-23, voit son partenariat arriver prochainement à échéance, à l’issue de 2027-28 selon les informations de News Tank. Un temps de discussion s’ouvre donc entre l’agence et le club. « Nous sommes satisfaits sur un certain nombre de points. Après, ce sont des contrats qui sont faits pour être évolutifs, puisque la situation du club en 2022 n’est pas la même qu’aujourd’hui. L’environnement a changé en termes de sponsoring. Il faut que tout le monde trouve aussi un bénéfice et une raison de pouvoir prolonger la collaboration dans le temps. Mais je ne suis pas du tout en train de dire que nous n’y arriverons pas. J’accorde beaucoup de valeur à la fidélité. La question n’est pas de casser notre relation pour en créer une nouvelle avec quelqu’un d’autre. C’est soit nous volons de nos propres ailes, soit nous continuerons avec Sportfive », détaille Thomas Lombard.

Alors que les clubs de Top 14 disposent de 509,5 M€ de budgets cumulés en 2026-27, Thomas Lombard s’interroge sur le modèle économique de la division. « Quand nos clubs cumulent un déficit qui se situe entre 65 et 70 M€, je n’appelle pas cela un modèle. Il y a donc un point de vigilance à avoir là-dessus. Au Stade Français, nous ne pourrons pas nous permettre de subir des pertes aussi importantes chaque saison. » Le déficit d’exploitation cumulé des clubs de Top 14 et de Pro D2 Deuxième division française de rugby - 16 clubs s’établissait à 63,7 M€ en 2024-25, dont 49,8 M€ pour le Top 14. Le Stade Français présentait d’ailleurs la perte nette la plus élevée de l’élite, à 16,3 M€.

Cette situation ne satisfait pas l’actionnaire principal du club, Hans-Peter Wild, qui n’exclut pas une diversification du capital : « Il n’y a pas d’œillères de la part de l’actionnaire, bien au contraire. Tout actionnaire qui se respecte — et nous devons beaucoup au Dr Wild — a évidemment en tête la réussite et le retour sur investissement par rapport à son engagement, mais aussi la pérennité du club. Donc solidifier un actionnariat et le diversifier fait partie des chantiers sur lesquels nous devons travailler ou, a minima, réfléchir », explique Thomas Lombard, qui répond aux questions de News Tank.


« Quand on s’appelle le Stade Français, se qualifier pour la phase finale ne suffit pas : il faut aller chercher des trophées » (T. Lombard)

Quelles sont les ambitions du Stade Français Paris Activité : club de rugby professionnel français Partenaire majeur : • DHL (logistique) : sponsor maillot principal, 2025-2029 (depuis le 12/02/2026) Partenaires premium : • Kappa… pour cette saison 2026-27 ?

C’est une année de confirmation après la bonne dynamique que nous avons pu enclencher la saison dernière, où nous nous sommes qualifiés pour les demi-finales. Si nous prenons un peu de hauteur, nous nous apercevons que le club s’est qualifié régulièrement pour la phase finale, hormis sur l’année 2024-25, où nous avons eu un gros trou d’air. Nous sommes parvenus à avoir une certaine stabilité.

Notre staff sportif nous donne totale satisfaction. L’idée, c’est évidemment de pouvoir le conforter dans la durée. Ce sont des choses sur lesquelles nous devrions être en mesure de communiquer rapidement.

Notre ambition reste intacte : essayer de nous qualifier pour le Top 6, ce qui est déjà une chose très compliquée en Top 14 puisque seul le Stade Toulousain y est parvenu les deux dernières saisons consécutivement.

Joueurs du Stade Français Paris lors du premier match de la saison 2026-27 à Jean-Bouin - ©  SFP

Cela se traduit aussi au niveau du budget puisque vous disposez cette année, selon les chiffres communiqués par la LNR Ligue Nationale de Rugby , du troisième budget (42,6 M€). Mais également de la 10e masse salariale chargée (11,3 M€) seulement…

Chaque modèle économique est différent, ce qui explique des disparités importantes

Déjà, il est important de faire le distinguo, c’est fondamental. Le budget intègre tous nos frais de fonctionnement et nous ne pouvons pas forcément comparer tous les stades et tous les modèles économiques. Les coûts ne sont pas les mêmes en fonction des différents clubs qui participent au Championnat. Paris n’est pas forcément la ville la moins chère, ce qui explique pourquoi nous avons un budget de fonctionnement assez élevé.

En revanche, notre masse salariale nous ramène déjà dans des proportions davantage dans la moyenne, voire dans la moyenne basse. Cela montre que réussir à se qualifier assez régulièrement pour les phases finales en étant la 9e ou la 10e masse salariale du Top 14 est quelque chose de plutôt satisfaisant. Maintenant, quand on s’appelle le Stade Français, avec son histoire et son palmarès, se qualifier pour la phase finale ne suffit pas : il faut aller chercher des trophées.

Comment expliquer la perte nette de 16 M€ enregistrée en 2024-25, la plus élevée de la division ? Comment l’actionnaire principal Hans-Peter Wild, votre président, vit-il cette situation ?

Il ne la vit pas bien. Nous avons donc pour ambition première d’essayer de réduire ces pertes. Cela signifie augmenter les revenus et baisser les charges.

Un certain nombre de choses nous amènent aussi à devoir consentir des efforts. Quand vous avez un centre d’entraînement comme le Camp des Loges — et nous avons besoin d’avoir un centre d’entraînement aujourd’hui dans le rugby moderne si nous voulons être attractifs —, ce sont des coûts supplémentaires. Le stade Jean-Bouin nous amène à dépenser pas mal d’argent pour l’entretien, mais aussi pour son fonctionnement. Il y a aussi les loyers que nous sommes obligés de prendre en charge pour nos joueurs… tout cela amène aujourd’hui une différence par rapport à certains clubs qui n’ont pas ce souci, soit parce qu’ils sont propriétaires, soit parce qu’ils ont un soutien plus important de leur mairie qui est propriétaire du stade, etc. Chaque modèle économique est différent, ce qui explique des disparités importantes.

Stade Français Paris : composition du chiffre d’affaires 2024-25

Source(s) : A2R / LNR

Hans-Peter Wild vous a-t-il donné une échéance dans cet objectif de se rapprocher de l’équilibre ?

L’objectif, c’est de réduire les pertes chaque année. C’est ce que nous sommes en train de faire. Tant que nous ne nous rapprocherons pas du break-even, nous ne serons pas satisfaits. Il y a encore du travail là-dessus. Mais nous avons aussi le potentiel pour le faire. Nous avons un stade de 20 000 places qui n’est pas rempli. Nous avons des opportunités, par exemple, de délocaliser des rencontres. C’est là-dessus que nous sommes concentrés aujourd’hui.

Justement, délocaliser un match au Stade de France pour la première fois depuis 2014 répond-il à une volonté de diversification ?

Le Stade de France, une question de prestige et d’ambition

Il y a une question de prestige et d’ambition. Les délocalisations ont été très populaires grâce à Max Guazzini (président du club de 1992 à 2011) qui a commencé à organiser des matches du Stade Français au Stade de France.

Un certain nombre de clubs se sont mis aussi à faire la même chose, puis cela s’est calmé. Avec la Coupe du monde 2023 Coupe du monde de rugby 2023 organisée en France du 08/09 au 28/10/2023. en France, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un engouement fort de la part du public pour le rugby. Certains clubs ont recommencé, ou ont commencé, à organiser des délocalisations : l’Aviron Bayonnais Activité : club de rugby professionnel Création : 1904 Président : Philippe Tayeb Directeur général : Alexandre Aubert Palmarès : champion de France (1913, 1934 et 1943) Stade : Stade… au Stade d’Anoeta (San Sebastian, ESP), l’UBB au Stade Atlantique de Bordeaux Métropole, le RC Vannes au Roazhon Park de Rennes, le RC Toulon Activité : club de rugby professionnel français Partenaire principal : • Kingspan (isolation) : sponsor maillot principal pour 2025-2029 Partenaires majeurs : • Nike (équipementier) … au Stade Vélodrome, etc.

Nous nous sommes dit que le moment était venu, aussi pour nous, de renouer avec un passé prestigieux et d’afficher une ambition sportive. Il était de nouveau envisageable de pouvoir délocaliser des matches au Stade de France avec une ambition réaliste. Je ne dis pas que nous serons complets demain, mais c’est le bon moment pour y retourner.

Le Stade Français Paris revient au Stade de France en 2026 - ©  ST

Est-ce aussi une façon de renouer avec l’image de club « spectacles » qu’avait donnée Max Guazzini durant sa présidence ?

Oui, l’entertainment Désigne l’industrie du divertissement (TV, musique, cinéma, jeux vidéo, etc.) et par extension le sport d’une manière générale est un secteur en plein essor aujourd’hui. Des concerts sont organisés dans les différents sites parisiens et ils affichent complet. Cette dimension de plaisir, de passer du temps ensemble, de vivre des moments uniques, fait son chemin dans l’esprit des Parisiens et des Français. Il y a donc une appétence pour cela.

Il faut que nous nous positionnions avec une offre qui soit attractive. Il ne faut donc pas simplement proposer un match, mais faire un événement autour et apporter un produit qui soit à la fois compétitif financièrement et qui puisse séduire un ensemble de personnes qui ne sont pas forcément que des aficionados.

Existe-t-il un risque économique ?

Louer une enceinte de 80 000 places comporte toujours un risque

Louer une enceinte de 80 000 places comporte toujours un risque. Mais nous estimons que le risque est aujourd’hui mesuré. Je ne vais pas vous signer dès demain que nous allons remplir le Stade de France, mais nous pensons être en capacité de pouvoir organiser un bel événement digne du Stade de France.

Et nous jouerons, je l’espère, les années suivantes au Stade de France, à moins que le match que nous organiserons cette année soit un échec, ce que je ne crois pas. L’ambition, en tout cas, ce n’est pas de faire un one-shot.

Votre retour au Stade de France est-il lié à la nouvelle concession de GL events ?

Non, c’est un alignement des planètes. C’est un moment qui nous semble opportun pour le faire. Cela n’a rien à voir avec GL events Activité : événementiel Création : 1978 Cotation : Euronext Paris Président : Olivier Ginon Implantations : 20 pays Employés : 6 000 collaborateurs Chiffre d’affaires :• 2025 … , bien que nous ayons d’excellentes relations avec eux et que nous les connaissions bien, puisqu’ils sont prestataires de services chez nous.

Dans une interview parue début juillet 2026, vous indiquez que « la pression populaire n’existe pas à Paris ». C’est donc un paradoxe économique pour le Stade Français : vous êtes situés sur l’un des plus grands marchés français, mais vous devez travailler davantage que d’autres clubs pour créer la demande.

Nous observons que nos moyennes et nos taux de remplissage du stade augmentent depuis quatre ans, de manière importante. Beaucoup de nos espaces d’hospitalités sont désormais complets. En revanche, sur la partie billetterie sèche, les gens viennent un tout petit peu moins de deux fois par an. Cela montre que nous avons un turnover massif de population. Nous avons un vrai sujet d’engagement. Quand nous interrogeons les gens, s’ils ne reviennent pas tout de suite, ce n’est pas parce que cela ne leur a pas plu, bien au contraire, mais parce qu’ils veulent aussi essayer d’autres choses.

Le champ des possibles est colossal à Paris. Un Parisien peut aller voir jouer le Stade Français, mais aussi le Racing 92 Activité : club de rugby professionnel français Création : 2001 Maison mère : Ovalto (holding familiale de Jacky Lorenzetti) Président : Arnaud Tourtoulou Stades (2026-27) : Plenitude Arena… , puisqu’il arrive que nous jouions le même jour, parfois même à la même heure. Il peut aller voir le football, avec le Paris Saint-Germain (Ligue 1 McDonald’s) et le Paris FC Partenaires principaux : • Royaume du Bahreïn : sponsor maillot principal, depuis 2020 • adidas (équipementier) : 2022-2034 Partenaires majeurs : • Red Bull (boissons énergisantes) • Vinci… , mais aussi du handball et du basket. Il y a aussi d’autres contraintes qui font qu’il n’est pas forcément aisé de se déplacer dans l’agglomération parisienne.

Le taux d’engagement autour du rugby n’est pas forcément le même que dans des villes où le club de rugby est un élément central de la vie sociale et de la ville. Si vous comparez Paris avec Castres, la puissance du Castres Olympique et le rayonnement du club dans la ville sont davantage comparables à celui du PSG Activité : club de football professionnel français Bureaux administratifs : 53, avenue Emile Zola, 92100 Boulogne-Billancourt Top sponsors : • Nike (équipementier) : 20 M€ par an de 2014-15 … ici. Le Stade Français, n’est pas sur le même positionnement.

Ce positionnement a-t-il changé depuis le Stade Français de Max Guazzini ? Quelle est l’identité du club en 2026-27 ?

Nous restons un club qui se veut original et décalé

Son identité reste en partie imprégnée et construite sur ce qu’a créé Max Guazzini. La preuve, c’est que les propriétaires ont changé par deux fois depuis, mais la perception du public reste la même. Il n’y a pas eu de rupture culturelle avec notre public.

Nous restons un club qui se veut original, décalé, pour reprendre les propos de Max à l’époque, capable de faire certaines choses que d’autres, peut-être, ne tenteraient pas, sur et en dehors du terrain. Nous restons très populaires, bien que nous ayons des événements plutôt premium dans nos salons.

Nous avons une image de marque qui est très forte et dont nous n’avons d’abord pas envie de nous défaire. Lorsque nous avons annoncé notre retour au Stade de France, les premiers commentaires que nous avons reçus, ce sont des gens qui nous ont dit : « C’est formidable parce que, moi, j’ai des souvenirs, jeune, d’être allé au Stade de France voir les matches du Stade Français avec mon père. » Je parle de gens qui sont depuis devenus des chefs d’entreprise, qui sont pour certains d’ailleurs clients chez nous. Il y a donc une vraie force à tirer de ces liens tissés au fil du temps.

Il faut que nous continuions à capitaliser là-dessus, mais nous devons aussi être en capacité de réécrire une nouvelle histoire autour du projet global du club, à savoir les trois piliers : éduquer, engager et innover. Éduquer, parce que le rugby doit continuer de former de bonnes personnes et permettre aux jeunes de poursuivre leurs études en parallèle de leur parcours sportif. Engager, parce que nous devons fidéliser davantage notre public pour construire une communauté présente tout au long de la saison. Et innover, comme le Stade Français l’a toujours fait, en nous engageant aujourd’hui fortement sur la RSE Responsabilité sociale des entreprises , notamment à travers notre labellisation AFNOR sur la norme ISO 26000, afin d’être un club à mission avec un engagement social fort.

Envisagez-vous de commercialiser un naming pour le Stade Jean-Bouin, en accord avec la ville de Paris ?

Nous avons déjà été très loin dans les échanges concernant le naming de Jean-Bouin

Oui, nous l’avons déjà envisagé. Nous avons déjà été très loin dans les échanges. Mais le sponsor titre doit être validé par le Conseil de Paris en fonction d’un certain nombre de critères qui, pour le moment, n’ont pas été remplis. Mais c’est une possibilité qu’offre cette CODP Convention d’occupation du domaine public signée entre le club et la mairie de Paris.

La cohabitation avec le Paris FC vous permet-elle de rentabiliser davantage l’exploitation de l’enceinte ?

Elle permet de couvrir un certain nombre de coûts liés à l’entretien, à la maintenance et au fonctionnement du stade.

Comment qualifiez-vous cette cohabitation jusqu’à présent ?

Elle se passe remarquablement bien. Nous sommes très contents. Nous essayons de travailler en bonne intelligence avec les équipes du Paris FC.

D’ailleurs, nous devrions avoir des convergences sur certains sujets dans les années suivantes, notamment la billetterie, avec des offres communes que nous pourrions construire. Pourquoi pas des sponsors aussi, qui pourraient passer du rugby au foot ou du foot au rugby. Ce n’est pas parce que nous sommes indépendants que nous ne pouvons pas avoir des points sur lesquels nous collaborons de manière plus étroite.

Le stade Jean-Bouin (Paris, 16e) - ©  D.R.

La venue du Paris FC ne vous a-t-elle pas créé davantage de concurrence sur la prospection de partenaires ou d’hospitalités ?

Pas pour le moment. Nous avons d’ailleurs des clients historiques du Stade Français qui ont pris des loges pour assister aux matches du Paris FC. Certains étaient aussi au Paris Saint-Germain et ont pris maintenant un abonnement au PFC.

Sportfive est la régie commerciale du Stade Français Paris depuis 2022-23. Ce partenariat arrive à échéance à l’issue de 2027-28. Où en sont les discussions ? Êtes-vous satisfait de ce format ?

Le Stade Français Paris et Sportfive associés depuis 2022-23 - ©  D.R.

Nous sommes satisfaits sur un certain nombre de points. Après, ce sont des contrats qui sont faits pour être évolutifs, puisque la situation du club en 2022 n’est pas la même qu’aujourd’hui. L’environnement a changé en termes de sponsoring. Nos espaces d’hospitalités n’étaient pas remplis en 2022, ils le sont désormais.

Ces contrats sont faits pour être rediscutés dans le temps. À partir du moment où nous avons des gens de bonne intelligence autour de la table, je ne vois pas pourquoi chacun n’arriverait pas à y trouver un modèle qui soit gagnant-gagnant pour tout le monde.

À un moment, il faut que tout le monde trouve aussi un bénéfice et une raison de pouvoir prolonger la collaboration dans le temps. Mais je ne suis pas du tout en train de dire que nous n’y arriverons pas.

J’accorde beaucoup de valeur à la fidélité. Pour moi, la question n’est pas de casser notre relation pour en créer une nouvelle avec quelqu’un d’autre. C’est soit nous volons de nos propres ailes, soit nous continuerons avec Sportfive Activité : agence de marketing sportif • Métiers : conseil, vente de produits hospitalités, activation, vente de droits marketing et media, marketing stratégique et créatif, production et la… .

Le programme de sponsoring pour 2026-27 est-il complet ?

Le rapport coût-visibilité est très intéressant dans le rugby

Oui, il est complet. Nous avons réengagé les sponsors qui étaient en fin de contrat. Et nous en avons même fait entrer quelques-uns de supplémentaires (DHL Activité : solutions de logistique et d’approvisionnement Création : 1969 Présence : 220 pays Cotation : Bourse de Francfort (ALL) Actionnariat : propriété de Deutsche Post DHL Group CEO… , Abeille Assurances, Sublime Côte d’Ivoire). Notre bonne saison 2025-26 a créé des dynamiques et cela donne envie aux gens de nous rejoindre.

Le rugby bénéficie aussi d’un effet de mode puissant depuis la Coupe du monde 2023, sur des montants qui sont peut-être plus accessibles à des PME Petites et moyennes entreprises. Moins de 250 salariés et un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros. que les montants du football. Le rapport coût-visibilité est très intéressant dans le rugby, qui plus est si nous y ajoutons une image qui reste encore globalement positive du sport. Même s’il faut être sur nos gardes là-dessus aussi.

Les droits du Top 14 sont sécurisés avec Canal+ jusqu’en 2032. Avec la remise prochaine sur le marché des droits du football français, craignez-vous que Canal+ réinvestisse davantage dans le football au détriment du rugby ?

Nous sommes vigilants et respectueux, mais nous n’avons pas de raison d’être plus inquiets que cela

C’est évidemment un sujet de vigilance pour tous les présidents et pour la LNR • Activité : instance d’organisation, de contrôle, de développement, de gestion, de promotion du rugby professionnel, d’aide et de conseil aux clubs. Elle organise, gère et réglemente le Top 14 et… . Nous sommes en capacité de comprendre aujourd’hui la place privilégiée que nous avons vis-à-vis du diffuseur.

Mais nous sommes aussi très confiants sur la qualité du produit que nous offrons. Je prends l’exemple de ce week-end : près d’un million de personnes qui ont regardé Stade Toulousain - UBB (48-12, le 13/09/2026). C’est une vraie réponse que nous pouvons apporter par rapport au montant des droits qui sont proposés.

Nous offrons un vrai spectacle et un vrai feuilleton sur 26 week-ends, plus le pinacle avec les phases finales, les barrages, les demies et la finale. Tout cela justifie aussi que Canal+ Création : 1984Secteur d’activité : télévision payante et gratuite ; agrégateur et distributeur de chaînes, coproduction, acquisition et distribution cinématographiqueCotation : Bourse de… s’intéresse et s’engage sur une des dernières exclusivités totales d’un sport majeur.

Nous avons une relation historique très forte avec Canal+. Ils nous ont beaucoup aidés, mais je pense que nous lui avons aussi apporté beaucoup de satisfaction. Nous sommes donc vigilants et respectueux, mais nous n’avons pas de raison d’être plus inquiets que cela. Le football est très important pour Canal+, c’est certain, mais le rugby l’est aussi devenu.

Cette bonne dynamique vous satisfait-elle ou existe-t-il quelques points de crispation ?

Il y a une vraie dynamique. Maintenant, j’entends beaucoup parler de « modèle du Top 14 ». Là, je ne suis pas tout à fait d’accord.

Certes, nous avons la chance d’avoir des entreprises puissantes qui soutiennent les clubs de manière directe ou indirecte. Nous avons la chance d’avoir des mécènes qui acceptent de perdre de l’argent pour faire vivre les clubs dans lesquels ils sont engagés.

Mais quand nos clubs cumulent un déficit qui se situe entre 65 et 70 M€, je n’appelle pas cela un modèle. Il y a donc un point de vigilance à avoir là-dessus. Au Stade Français, nous ne pourrons pas nous permettre de subir des pertes aussi importantes chaque saison.

Envisagez-vous d’ouvrir le capital du club à de nouveaux investisseurs ?

Bien sûr. Il n’y a pas d’œillères de la part de l’actionnaire, bien au contraire. Tout actionnaire qui se respecte — et nous devons beaucoup au Dr Wild — a évidemment en tête la réussite et le retour sur investissement par rapport à son engagement, mais aussi la pérennité du club. Donc solidifier l’actionnariat et le diversifier fait partie des chantiers sur lesquels nous devons travailler ou, a minima, réfléchir.

Des investisseurs se sont-ils manifestés ?

Des gens sont intéressés. Heureusement pour un club parisien comme le Stade Français ! Mais il faut trouver les bonnes personnes et nous n’en sommes pas encore là aujourd’hui. Nous ne sommes pas les seuls aujourd’hui à avoir le téléphone qui sonne.

Sept ans après votre arrivée au Stade Français en tant que directeur général, considérez-vous que le club ressemble à celui que vous vouliez construire ?

Tant que je n’aurai pas atteint un certain niveau de performance, je ne serai pas satisfait

Quand vous avez été un joueur de rugby, que vous avez été un sportif de haut niveau, que vous avez joué dans un club comme le Stade Français, en ce qui me concerne, et que vous avez eu la chance de gagner quatre titres, vous pouvez imaginer ce qui m’habite. Tant que je n’aurai pas atteint un certain niveau de performance, je ne serai pas satisfait.

Maintenant, il y a d’autres points qui sont à mettre à notre crédit. Car j’ai toute une équipe qui travaille à côté de moi. Nous avons obtenu des satisfactions. Nous avons aussi éprouvé des déceptions, comme la saison 2024-25. Mais entre le Stade Français de 2019 et le Stade Français de 2026, nous avons parcouru du chemin et nous avons certains motifs de satisfaction, même si nous n’avons pas encore coché toutes les cases.

Thomas Lombard


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Parcours

Stade Français Paris
Directeur général
Talan Rugby Tech Summit
Co-fondateur
Canal+ / RMC Sport
Consultant RMC sport
Racing 92
Joueur de rugby professionnel
Worcester Warriors
Joueur de rugby professionnel
Stade Français Paris
Joueur professionnel
Fédération Française de Rugby (FFR)
Joueur professionnel de rugby
Racing Club de France - Club Entreprises
Joueur au Racing Club de France

Fiche n° 36757, créée le 18/10/2019 à 09:22 - MàJ le 17/09/2026 à 17:41

Stade Français Paris

Activité : club de rugby professionnel français

Partenaire majeur :
• DHL
(logistique) : sponsor maillot principal, 2025-2029 (depuis le 12/02/2026)

Partenaires premium :
• Kappa (équipementier) : 2019-2029
• Maxus (voitures électriques) : sponsor dos de maillot, 2022-2025, puis sponsor short 2025-2028
• Rexel (bornes de recharge pour voitures électriques) : 2021-2027, sponsor manche
• Fraikin (location de véhicules industriels) : sponsor pocket, 2024-2026
• Abeille Assurances (assurances) : sponsor dos de maillot, 2025-2028
• Atlantic (solutions thermiques) : sponsor pocket, depuis 2025-26
• Capri-Sun (boissons) : sponsor dos de maillot depuis 2025-26, sponsor maillot depuis 2017-18
• Sublime Côte d’Ivoire (tourisme) : depuis 2025-26
• Torann-France (sécurité privée) : sponsor short avant droit, 2023-2028

Partenaires officiels :
• France Pare-Brise (pares-brise) : sponsor maillot d’entraînement et d’échauffement, 2023-2029
• Pro-Electro (location de matériels)
• CIC (banque) : depuis 2018-19, partenaire officiel jusqu’en 2027-28
• PwC (conseil) : 2025-2027

Supporters officiels :
• BWT (traitement de l’eau)
• VIC Transport Paris (VTC)
• Anne Caron (café)
• Adecco (ressources humaines)
• Calicéo (centre de soin)
• AMOS Sport Business School (formation)
• Tourtel (boissons)
• Piper-Heidsieck (champagne)
• Pernod Ricard (alcool)

Labels spécialisés :
• Gilbert
(ballon)
• Coca-Cola (boissons)
• Pasquier (agroalimentaire)
• BeRugBe (équipements de rugby)
• N’go (chaussures)
• Nutrimuscle (compléments alimentaires)

Partenaires institutionnels :
• Ville de Paris

• Région Ile-de-France
• Métropole du Grand Paris

Régie commerciale exclusive :
• Sportfive : 2022-2027


Catégorie : Clubs Professionnels


Adresse du siège

Stade Jean-Bouin
25 rue Nungesser et Coli
75016 Paris France


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Fiche n° 2884, créée le 09/02/2015 à 05:54 - MàJ le 14/09/2026 à 14:01

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