LNR : « Poursuivons notre dynamique de croissance tout en gardant la vigilance nécessaire » (Yann Roubert)
« Factuellement, nous sommes peut-être le seul championnat français qui soit leader mondial dans son sport. Nous avons le championnat de rugby qui attire le plus de monde dans les stades, le plus de téléspectateurs devant la télévision et sans doute le plus de stars de ce jeu », déclare Yann Roubert
Président @ Ligue Nationale de Rugby (LNR)
, président de la Ligue Nationale de Rugby
• Activité : instance d’organisation, de contrôle, de développement, de gestion, de promotion du rugby professionnel, d’aide et de conseil aux clubs.
Elle organise, gère et réglemente le Top 14 et…
, à News Tank, le 31/08/2026.
À l’occasion du lancement de la saison 2026-27 de Top 14
Première division française de rugby - 14 clubs
(le 05/09), il dresse le bilan d’un exercice 2025-26 marqué par de nouveaux records économiques et d’audience pour la LNR
Ligue Nationale de Rugby
. La Ligue a notamment généré un record d’environ 190,3 M€ de recettes à l’issue de la saison 2025-26, dont 123 M€ issus de Canal+
Création : 1984Secteur d’activité : télévision payante et gratuite ; agrégateur et distributeur de chaînes, coproduction, acquisition et distribution cinématographiqueCotation : Bourse de…
, diffuseur exclusif des championnats, et 30 M€ de son programme de partenariats. Un exercice qui a permis à la LNR
• Activité : instance d’organisation, de contrôle, de développement, de gestion, de promotion du rugby professionnel, d’aide et de conseil aux clubs.
Elle organise, gère et réglemente le Top 14 et…
de redistribuer un montant record de 126,5 M€ aux 30 clubs, dont 85,6 M€ (67,6 %) aux pensionnaires de Top 14.
« Il faut poursuivre cette dynamique de croissance des revenus et de distribution, tout en gardant la vigilance nécessaire. Cette dynamique ne doit pas masquer le fait qu’il est encore compliqué, dans beaucoup de clubs, de boucler les budgets. Il faut redoubler d’efforts pour qu’il y ait de moins en moins de clubs déficitaires et que chacun trouve un modèle durable et soutenable économiquement », indique l’ancien président du LOU Rugby
Activité : club professionnel de rugby français
Création : 1896
Partenaires majeurs :
• 6e sens immobilier (immobilier) : sponsor pocket
• BFM Lyon Métropole (TV local) : sponsor dos de…
(Top 14). Huit clubs de Top 14 affichaient un résultat déficitaire à l’issue de la saison 2024-25.
Pour assurer un meilleur cadrage économique, le salary cap est ainsi présenté par le président de la LNR comme « le meilleur garde-fou ». Interrogé sur les lourdes sanctions infligées au Stade Toulousain dans le cadre du contrôle du salary cap et partiellement revues en appel par la FFR
Fédération Française de Rugby
, Yann Roubert refuse de commenter les décisions, mais défend une réglementation identique pour tous les clubs : « Nos règlements sont l’expression d’une volonté collective. Ils sont faits par les clubs et votés à la majorité par les clubs et pour les clubs. Il n’y a aucun règlement et aucune décision qui soient dirigés contre un club. Personne n’est contre un club. En revanche, tout le monde est contre la triche. Que vous soyez premier ou dernier, puissant ou pas, riche ou pauvre, chacun joue avec les mêmes règles. »
La réglementation autour du plafond salarial devrait de nouveau être discutée au cours de la saison. Parmi les pistes qui seront remises sur la table figure notamment la proposition de Provale
Union des joueurs de rugby professionnels
d’instaurer un « marquee player JIFF
Joueurs Issus des Filières de Formation
», qui permettrait à chaque club de Top 14 d’exclure du calcul de son salary cap la rémunération d’un joueur formé en France.
Soutenabilité du modèle économique des clubs, évolutions réglementaires, stades, internationalisation ou encore perspectives sportives : Yann Roubert balaie les principaux enjeux de la saison qui s’ouvre et détaille les priorités de la LNR.
« Je considère qu’il n’y a rien à cacher à la LNR » (Y. Roubert, LNR)
La LNR présente des indicateurs très positifs : près de 190 M€ de revenus, une redistribution importante aux clubs, des droits audiovisuels et des revenus de sponsoring en hausse. La LNR est-elle devenue la Ligue modèle dans le sport français ?
Une très belle dynamique pour le rugby françaisJe ne sais pas si nous sommes un modèle. Mais factuellement, les statistiques montrent que nous sommes peut-être le seul championnat français qui soit leader mondial dans son sport. Nous avons le championnat de rugby qui attire le plus de monde dans les stades, le plus de téléspectateurs devant la télévision et sans doute le plus de stars de ce jeu.
C’est une très belle dynamique pour le rugby français et il faut s’en réjouir. C’est une réussite collective, principalement due aux clubs, mais aussi à l’ensemble de l’écosystème — partenaires, supporters, clubs amateurs.
Cela nous réjouit, mais nous oblige. Cette dynamique ne doit pas masquer le fait qu’il est encore compliqué, dans beaucoup de clubs, de boucler les budgets.
LNR : composition et évolution des revenus depuis la saison 2008-09
Depuis 2022-23, les recettes marketing et droits TV sont affichées de manière distincte.
Les données portant sur la saison 2025-26 seront détaillées par la LNR en décembre 2026.
Malgré cette réussite, huit clubs de Top 14 étaient déficitaires en 2024-25. Certains dépendent également fortement de leurs actionnaires. Vous projetez-vous sur ce qu’il adviendra lorsque certains propriétaires qui investissent depuis longtemps dans le rugby décideront de se retirer ?
Bien sûr que cela m’inquiète. Chacun essaye de préparer la suite. C’est la force du rugby français de ne pas reposer sur trois ou quatre clubs, mais sur un écosystème global, avec aujourd’hui 30 clubs professionnels qui ont chacun leurs spécificités, leurs actionnaires, leur modèle économique et leurs sources de revenus.
Cela nous invite à beaucoup de reconnaissance pour ceux qui y contribuent, mais aussi à redoubler d’efforts pour qu’il y ait de moins en moins de clubs déficitaires et que chacun trouve un modèle durable et soutenable économiquement.
Le salary cap participe justement à cette volonté de cadrage ?
Le salary cap a évidemment cet objectif de soutenabilité économique. Son deuxième objectif est de garantir l’équité sportive.
Nous avons la chance d’être un championnat leader et, malgré le salary cap, d’être de très loin celui qui distribue les plus grosses masses salariales. Il faut donc poursuivre cette dynamique de croissance des revenus et de distribution, tout en gardant la vigilance nécessaire.
Certains clubs sont déficitaires et il faut gérer de manière prudente pour continuer à faire vivre un modèle unique au monde, avec 2 000 joueurs professionnels et en centre de formation.
D’autres mesures que le salary cap, qui contraindraient davantage les clubs afin d’assurer leur soutenabilité financière, ont-elles été envisagées ?
Le salary cap est sans doute le meilleur garde-fou. Après, chaque club est géré par des dirigeants qui sont eux-mêmes des entrepreneurs, des chefs d’entreprise aguerris et qui ont trouvé, ou essayent de trouver, des modèles équilibrés.
Cette saison, le plafond du salary cap passe au contraire de 10,7 à 11 M€. Vous avez également assoupli les règles concernant les contrats individuels des joueurs avec les équipementiers. Pour quelles raisons ?
Concernant les équipementiers, c’était une demande des joueurs, notamment internationaux, que j’ai rencontrés, d’avoir un peu plus de souplesse. C’est possible uniquement sur les équipements, notamment les chaussures, dans la mesure où il s’agit d’un outil de travail prévu par la convention collective qui lie Provale et l’UCPR
Union des Clubs Professionnels de Rugby
, le syndicat des joueurs et le syndicat des clubs.
Cela pourrait peut-être être envisagé sur les casques si les partenaires sociaux décidaient d’ajouter cet équipement à la liste des équipements pour lesquels les joueurs sont libres de choisir leur équipementier.
Le Stade Toulousain
Activité : club omnisport français, section de rugby professionnelPartenaires majeurs :
• Airbus (aéronautique) : sponsor pocket droit
• Peugeot (automobile) : sponsor maillot principal…
a été lourdement sanctionné dans le cadre du contrôle du salary cap, avant que la commission d’appel de la FFR n’ait revu partiellement les décisions prises en première instance. Quel regard portez-vous sur ces sanctions, qui pourraient à l’avenir concerner Toulouse ou d’autres clubs ?
Je n’ai pas à commenter les décisions qui ont été prises. Nos règlements sont l’expression d’une volonté collective. Ils sont faits par les clubs et votés à la majorité par les clubs et pour les clubs, avec bien sûr le soutien de la FFR
Création : 1919
Clubs : 2 000
Licenciés :
• 369 311 en juin 2026
Effectif : 274 salariés
Chiffre d’affaires (2024-25) : 133,4 M€
Résultat d’exploitation (2025-26) : - 1,4 M€
Résultat net…
et des syndicats.
En revanche, il est important de rappeler qu’il n’y a aucun règlement et aucune décision qui soient dirigés contre un club. Personne n’est contre un club. En revanche, tout le monde est contre la triche. Tout manquement, quel que soit le club qui le commette, est sanctionné. C’est ce que font les commissions de discipline spécialisées dans le salary cap et les commissions d’appel.
Le retrait de points désormais prévu pour les manquements les plus graves au salary cap peut-il être rétroactif ?
Non. Nous avons voté en Assemblée générale, en 2025, le fait d’ajouter des sanctions sportives aux sanctions financières. Il est évident qu’elles ne s’appliquent qu’à partir du moment où elles ont été votées, donc à compter de la saison 2025-26 et des contrôles 2026-27.
Pour les faits qui ont été jugés et qui datent d’avant cette période, ils sont évidemment passibles de sanctions, mais uniquement de celles qui étaient prévues au barème d’alors. C’est dans ce cadre que les commissions de discipline spécialisées et d’appel ont statué sur les sujets toulousains de cet été.
D’autres clubs sont-ils susceptibles d’être concernés par ces nouvelles sanctions ? Beaucoup se situent déjà très près du plafond du salary cap.
C’est pour cela que les clubs ont voulu voter cette extension du plafond de 10,7 à 11 M€, ainsi que d’autres aménagements, comme les crédits liés aux équipementiers ou des mesures permettant d’accompagner progressivement les clubs qui subiraient une baisse de leurs crédits liés aux internationaux.
Tout cela est évidemment fait de manière collective pour garantir que les règles soient les mêmes pour tous. Que vous soyez premier ou dernier, puissant ou pas, riche ou pauvre, chacun joue avec les mêmes règles.
Sur le plan réglementaire et en matière de gouvernance, quels seront les principaux chantiers de la saison qui s’ouvre ?
Si des règles peuvent contribuer à l’attractivité et à l’équité, il faut les étudierNotre première priorité sera la santé des joueurs, qui est essentielle, sur laquelle nous travaillons de concert avec la FFR.
Le deuxième point est de garantir dans la durée l’équité, la soutenabilité et l’attractivité des compétitions. Cela passe par l’évolution des règlements, en lien avec World Rugby
Objet : Fédération internationale de rugby à XV et à VII
Date de création : 1886
Siège : Dublin (Rép. d’Irlande)
Fédérations membres : 105 (+ 18 fédérations associées, soit 123 pays)
Président …
d’une manière générale. Il y a également la régulation, avec le salary cap, le développement des revenus de la Ligue, leur redistribution aux clubs et, bien sûr, le volet sportif, avec l’arbitrage et l’innovation, à l’image du nouveau format de l’In Extenso Supersevens
Premier championnat professionnel de clubs de rugby à 7 qui sera disputé par les clubs du Top 14 et deux équipes invitées dès février 2020. Organisé par la LNR
.
Troisièmement, la formation. Cela concerne le programme d’accompagnement des nouveaux professionnels, mais aussi notre capacité à faire émerger des talents. C’est vital, notamment à travers le dispositif JIFF, et c’est aussi le sens de notre engagement envers les clubs amateurs.
Des évolutions réglementaires sont-elles déjà concrètement en discussion avec les clubs, notamment autour du salary cap ?
Bien sûr. Cet automne, nous allons étudier les propositions qui ont été faites, soit par les clubs, soit par les syndicats, en gardant comme prisme le fait qu’elles contribuent à l’équité et à l’attractivité des compétitions d’un côté, et à la soutenabilité financière de l’autre.
Nous allons remettre cela sur la table, avec des dispositifs d’adaptation si besoin. Le salary cap, comme tous nos règlements, est un dispositif vivant, soumis à évolution.
Il y a une volonté de partager les actions que nous menons, en toute simplicité et en toute transparence sur ce qui est communicable. Je considère qu’il n’y a rien à cacher à la LNR.
Quels types d’évolutions pourraient être mis sur la table ?
Très probablement, la proposition de Provale d’un “marquee player JIFF” à la française (pour permettre à chaque club de Top 14 d’exclure un joueur formé de son plafond salarial) sera remise sur la table, ou celle de dispositifs d’accompagnement permettant que les joueurs puissent être accompagnés par certaines parties prenantes, dans certaines limites.
Ce sont des choses sur lesquelles nous allons devoir décider parce que, comme toute règle, si elles peuvent contribuer à l’attractivité et à l’équité, il faut les étudier.
2027 marque la dernière finale de Pro D2
Deuxième division française de rugby - 16 clubs
prévue à Ernest-Wallon (Toulouse) dans le cadre de la convention prévue pour le cycle 2024-2027. Allez-vous lancer un nouvel appel à candidatures ?
Nous pouvons parler d’un succès franc et massif puisque cette finale à Toulouse s’est disputée à guichets fermés lors de chacune des éditions.
Nous lancerons sans doute un appel à candidatures cet hiver pour les saisons suivantes, à partir de la finale 2028, afin de voir si nous continuons à Toulouse ou si nous allons ailleurs, dans un ou plusieurs autres stades. Cet appel à candidatures sera nourri par le succès de ce que nous avons vécu à Ernest-Wallon. Mais cette réussite ne doit pas empêcher de nous remettre en question, soit pour changer, soit pour consolider ce qui fonctionne.
Concernant la stratégie internationale de la LNR, vous avez évoqué la possibilité d’organiser de nouveau les demi-finales du Top 14 à Barcelone (ESP). À quel horizon ?
Nous avons parfois des candidatures venues de pays frontaliers de la FranceNous l’envisagerons, pourquoi pas, pour 2031. Nous avons attribué les demi-finales pour 2028, 2029 et 2030. Nous serons à Bordeaux cette saison 2026-27, puis à Lyon (2028), Lille (2029) et Marseille (2030) pour les trois saisons suivantes, et nous ne nous interdisons pas d’envisager Barcelone.
Pour être honnête, nous avions envisagé de le faire avant 2030. D’ici là, nous pouvons avoir à peu près la certitude que le stade sera terminé. Pourquoi pas envisager dès 2031 d’organiser des demi-finales là-bas ? Ce sera sans doute un très bon moment et, pourquoi pas, l’occasion de rassembler plus de 200 000 personnes sur deux jours lors du week-end des demi-finales.
Avez-vous reçu des candidatures d’autres pays pour accueillir les demi-finales ?
Nous voyons notamment que, pour les finales de Champions Cup
Premier niveau des Coupes d’Europe de rugby à XV. 24 clubs. Organisée par l’EPCR.
et de Challenge Cup
2ème niveau des Coupes d’Europe de rugby à XV. 20 clubs. Organisée par l’EPCR.
de l'EPCR
L’European Professional Club Rugby, est l’organe directeur et organisateur de deux Coupes d’Europe de rugby : l’European Rugby Champions Cup et l’European Rugby Challenge Cup.
, il y a de nombreuses déclarations d’intérêt et candidatures, issues de plusieurs pays. C’est la même chose pour nos demi-finales. Nous avons parfois des candidatures venues de pays frontaliers de la France, autres que l’Espagne.
Nous gardons évidemment le souci que ce soit le plus pratique possible pour les équipes qui jouent et pour les supporters qui viennent les encourager. Barcelone a cette carte de l’accessibilité, en plus de l’attractivité de la destination et de la capacité du stade.
Tout est envisageable, mais à condition que ce soit relativement simple à mettre en place et pratique en matière d’accès au stade.
Mais nous avons déjà notre programmation pour les trois prochaines années et potentiellement ce projet de Barcelone. Nous voulons tout de même que ce type de délocalisation à l’étranger reste très exceptionnel, donc nous ne poussons pas forcément d’autres pistes à l’heure actuelle.
Yann Roubert, président de la LNR, à News Tank, le 31/08/2026
Parcours
Président
Vice-président
Président directeur général
Vice-président exécutif - directeur général délégué
Managing director (Middle East)
Directeur sponsoring, événements et RP
Responsable sponsoring / événements sport et musique
Fiche n° 38839, créée le 24/03/2020 à 17:54 - MàJ le 28/09/2026 à 13:46
Ligue Nationale de Rugby (LNR)
• Activité : instance d’organisation, de contrôle, de développement, de gestion, de promotion du rugby professionnel, d’aide et de conseil aux clubs.
Elle organise, gère et réglemente le Top 14 et la Pro D2 (deux premières divisions du rugby professionnel français) et l’In Extenso Supersevens (rugby à 7), assure la promotion et le développement du secteur professionnel des clubs de rugby français, négocie et commercialise les droits TV et les partenariats du Top 14, la Pro D2 et de l’In Extenso Supersevens et assure la défense des intérêts matériels et moraux du rugby professionnel.
• Création : 1998
• Chiffre d’affaires (2024-25) : 185 M€
• Budget (2026-27) : 188,3 M€
• Président : Yann Roubert, depuis 2025
• Directeur général : Emmanuel Eschalier
• Responsable communication : Thibault Rossignol (thibault.rossignol@lnr.fr)
Catégorie : Instances
Adresse du siège
9 rue Descombes75017 Paris France
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Fiche n° 2919, créée le 10/02/2015 à 04:22 - MàJ le 24/09/2026 à 11:03
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