Paris 2024 : « Se concentrer sur nos fondamentaux, des Jeux ouverts sur l’extérieur » (É. Thobois, DG)

News Tank Sport - Paris - Entretien n°225667 - Publié le 10/08/2021 à 14:00
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©  Rudy Waks – Paris 2024
Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024 - ©  Rudy Waks – Paris 2024

« Lorsque l’on regarde l’histoire des Jeux olympiques, il y a toujours eu des sujets particulièrement difficiles auxquels les comités d’organisations doivent faire face et s’adapter à l’image de la crise financière et mondiale à Londres 2012, la crise diplomatique avec l’Ukraine à Sotchi 2014 ou encore politique à Rio 2016. C’est pourquoi il est fondamental de se concentrer sur nos fondamentaux, notre plan A, c’est-à-dire des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) ouverts sur l’extérieur, des Jeux ambitieux sur le plan environnemental, qui sont les vrais marqueurs de Paris 2024 », déclare à News Tank Étienne Thobois Directeur général @ COJO Paris 2024
• ESCP Europe (1990 - 1994)
, directeur général de Paris 2024, le 06/08/2021 à Tokyo (JAP).

« Effectivement, les plus beaux sites et monuments de Paris et de France offriront un écrin somptueux aux performances des plus grands athlètes du monde et provoqueront des rencontres inattendues entre le sport et le patrimoine français. C’est notre volonté en choisissant le Grand Palais pour l’escrime et le taekwondo, l’Arena Champ-de-Mars au Grand Palais Ephémère pour le judo et la lutte, la Concorde pour les sports urbains, l’esplanade des Invalides pour le tir à l’arc, le stade Tour Eiffel au Champ-de-Mars pour le beach-volley ou encore le château de Versailles pour les sports équestres et quatre épreuves du pentathlon moderne », explique le dirigeant du comité d’organisation des prochains Jeux d'été, en poste depuis janvier 2018. 

« Comme vous le savez depuis quelques jours, nous travaillons sur différentes options pour organiser la cérémonie d’ouverture de Paris 2024, notamment les conditions de sa réalisation sur les berges de Seine en utilisant tout ce que celle-ci offre comme cadre urbain. (…) Nous finalisons les études lancées il y a plusieurs mois. La décision finale sera prise d’ici à décembre 2021. La cérémonie d’ouverture représente la plus grosse audience des Jeux Olympiques avec des centaines de millions de téléspectateurs. Nous souhaitons également faire un mass-event, une course populaire à l’issue de l'épreuve du marathon », indique Étienne Thobois, qui répond aux questions de News Tank 48 heures avant le passage de relais entre Tokyo 2020 et Paris 2024.


« On a beaucoup appris de Tokyo 2020, notamment de la manière dont ils ont dû s’adapter à l’évolution de la pandémie » (E. Thobois, Paris 2024)

Que retenez-vous de Tokyo 2020 pour mieux anticiper Paris 2024 ? 

Nous travaillons sur différentes options pour la cérémonie d’ouverture de Paris 2024 »

Notre job au Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 est de prévoir, de s’adapter à l’un des premiers aspects qui est la pandémie. La crise du Covid-19 nous a conduits dès 2020 à nous challenger, à nous adapter et à nous réinventer. Nous regardons aussi de près les volets environnementaux et climatiques sans compter l’aspect alimentaire.

Comme vous le savez depuis quelques jours, nous travaillons sur différentes options pour organiser la cérémonie d’ouverture des JOP Paris 2024, notamment les conditions de sa réalisation sur les berges de Seine en utilisant tout ce que celle-ci offre comme cadre urbain. Nous finalisons les études lancées il y a plusieurs mois. La décision finale sera prise d’ici à décembre 2021. La cérémonie d’ouverture représente la plus grosse audience des Jeux Olympiques avec des centaines de millions de téléspectateurs. Nous souhaitons également faire un mass-event, une course populaire à l’issue de l'épreuve du marathon.

Tokyo Aquatics Centre - ©  Bridgestone

Ce qui se passe ici à Tokyo nous permet de voir comment répondre à un certain nombre de questions »

Et comme à chaque olympiade, nous devons nous adapter à plusieurs scénarios pour faire face aux attentats sur l’aspect sécuritaire ou à des éventuelles inondations ou canicules. C’est pour cela que les épreuves test organisées avant 2024 sont là. Ce qui se passe ici à Tokyo nous permet de voir comment répondre à un certain nombre de questions. Les organisateurs expérimentent des protocoles et bien évidemment nous prenons en compte toutes les problématiques. 

Nous pouvons nous appuyer sur des fondations extrêmement solides. Nous sommes dans les temps de passage que nous nous étions fixés. Aujourd’hui, notre projet est plus fort qu’il ne l’était il y a un an et demi. Notre carte des sites a encore gagné en efficacité avec une meilleure mutualisation des sites de compétition, tout en préservant tous les sites iconiques.

Les chantiers sont prêts à démarrer, respectant le calendrier initialement envisagé. Nous avons sécurisé à ce jour (le 06/08/2021) 600 M€ de partenariat sur les 1,1 milliard d’euros prévus et nous tenons notre budget à l’équilibre. C’est un budget de 3,9 Md€.

Quel regard, par exemple, portez-vous sur le volet sanitaire au Japon ? 

C’est un tour de force que d’organiser ces Jeux Olympiques dans ces conditions en pleine pandémie »

C’est un tour de force que d’organiser ces Jeux Olympiques dans ces conditions en pleine pandémie. On ne peut dire que merci aux Japonais et admirer le travail qui a été accompli jusqu'à aujourd’hui. C’est une chose de tenir des compétitions durant une année en France comme le Tour de France et Roland-Garros, cela en est une autre d’organiser les Jeux Olympiques qui représentent 33 sports en moins de 15 jours.

Ce que les Japonais ont été capables de faire est donc remarquable pour maintenir ces JOP et permettre à des générations d’athlètes d’avoir l’opportunité de devenir champions olympiques, de voir quelque part l’ambiance. Il est clair que cela créé encore beaucoup plus d’attentes pour Paris 2024 puisque les décisions prises ont parfois dû être difficiles, notamment sur l’interdiction de spectateurs dans les stades. On peut donc vraiment leur dire merci car tenir les JOP dans ces conditions demeure une gageure très forte.  

Quelles ont été vos découvertes ?

La magie des Jeux nous ramène à la motivation »

Aux Jeux Olympiques, il existe à chaque fois cette ambiance et excitation particulières. J’ai eu l’opportunité de participer aux Jeux Olympiques en tant qu’athlète à Atlanta en 1996 (en badminton).  J’ai ensuite occupé le poste de directeur des finances et des services au public des Mondiaux d’athlétisme au Stade de France en 2003, puis de directeur général de la Coupe du monde de rugby à XV 2007, ainsi que de directeur des sports et de la planification du comité de candidature Paris 2012 aux Jeux Olympiques. J’ai été ensuite directeur général du comité de candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques 2024.

Et en décembre 2017, j’ai été nommé directeur général du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 aux côtés du président Tony Estanguet Membre @ International Olympic Committee (IOC / CIO Comité international olympique) • Président du Comité d’organisation @ Paris 2024 - Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques… . Au final, la magie des Jeux nous ramène à la motivation. Pour la cinquantaine de personnes de nos équipes présentes à Tokyo, on les sent motivés, excités et on a conscience que l’on va accueillir l'événement dans trois ans. C’est une opportunité extraordinaire et cela renforce notre ambition.

Tony Estanguet, président du COJO Paris 2024 à Tokyo le lendemain de la cérémonie d'ouverture le 23/07/2021. - ©  Elodie Froment/Jean-Marie Hervio / KMSP

Qu’est-ce qui vous impressionne au niveau de l’organisation ?

Globalement, il y a des choses très intéressantes à Tokyo comme l’utilisation du bois comme matériau de construction »

On apprend beaucoup de Tokyo 2020 pour les JOP de Paris 2024, notamment de la manière dont ils ont dû s’adapter au fil de l’évolution de la pandémie dans des domaines aussi complexes que les transports, les cérémonies ou l’hébergement. Globalement, il y a des choses très intéressantes à Tokyo comme l’utilisation du bois comme matériau de construction, que nous privilégions sur le Centre aquatique olympique (CAO) à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans notre nouveau siège « Pulse » situé à la limite d’Aubervilliers et de Saint-Denis, ou le village olympique qui doit accueillir les 10 500 athlètes en quatre secteurs : Universeine à Saint-Denis ; secteurs D et E de la ZAC village olympique à Saint-Ouen ; ZAC de l’écoquartier fluvial sur L’Île-Saint-Denis.

Notre politique autour de la gestion des déchets sera également approfondie avec la Ville de Paris afin d’en recycler 80 %. Il y a ainsi l’idée de recycler tout ce qui sera utilisé, d’employer des lits en carton dans le village olympique ou de lutter contre le gâchis alimentaire. On observe aussi que les cabinets de traduction sont transformés en logique centralisée pour limiter l’empreinte carbone. 

Perspective du village olympique et paralympique des JOP Paris 2024 sur Saint-Denis et Saint-Ouen-sur-Seine. - ©  Solideo

C’est pour nous nécessaire d'être au Japon car en matière d’environnement, une partie de la flotte de véhicules circule à l’hydrogène. On essaie de voir comment on peut obtenir des systèmes de refroidissement qui ne soient pas des systèmes lourds d’airs conditionnés, c’est-à-dire des dépenses énergétiques importantes. Il y a donc beaucoup d’initiatives que l’on regarde pour bien dimensionner nos dispositifs. Nous irons plus loin. Tony Estanguet, président de Paris 2024, aime dire que l’on est quelque part les héritiers des Jeux précédents.

Sur quels sujets vous êtes-vous dit « ça, il faut le faire aussi à Paris en 2024 ! » ou « ça, il faut le faire mais mieux » ? 

Au total, l’impact carbone des Jeux sera divisé par deux par rapport aux précédentes éditions à Londres et Rio »

Depuis la phase de candidature, Paris 2024 se donne les moyens d’anticiper l’impact climatique et environnemental du projet et d’identifier toutes les solutions pour réduire l’empreinte des Jeux à la source et sur l’ensemble du cycle d’organisation, notamment en construisant peu avec 95 % d’équipements déjà existants ou temporaires.

Au total, l’impact carbone des Jeux sera divisé par deux par rapport aux précédentes éditions à Londres (ANG) et Rio (BRE). Par cette démarche, nous voulons contribuer à proposer de nouveaux standards pour l’organisation des grands événements. Paris 2024 a également réhaussé son ambition environnementale en début d’année en annonçant qu’il compensera au-delà de ses émissions carbone en soutenant un programme de compensation additionnel en France.

Projet du Grand Palais Éphémère à Paris 2024. - ©  Wilmotte & Associés Architectes

Nous avons également toujours placé l’héritage comme point fort de l’organisation »

Nous avons également toujours placé l’héritage comme point fort de l’organisation. Au-delà de ses fondations, indispensables à la réussite des Jeux, nous continuons d’avancer sur les programmes d’engagement et d’héritage, élevés depuis le lancement de la candidature au rang de priorités. Les Jeux de Tokyo, par les émotions qu’ils suscitent et les performances des athlètes tricolores, devraient permettre de renforcer encore l’engagement des Français derrière le projet Paris 2024, sur l’ensemble du territoire.

Le label « Terre de Jeux 2024 » a déjà conquis 2 048 collectivités partout en France »

Je pense au label « Terre de Jeux 2024 » qui a déjà conquis 2 048 collectivités partout en France, représentant 26 millions de Français. Ou encore par l’intermédiaire du « Club Paris 2024 », dont les 142 000 membres rêvent de décrocher un dossard pour les premières épreuves grand public de l’histoire des Jeux (marathon ; cyclisme sur route) et de vivre des moments d’exception aux côtés des plus grands champions. Le « Live des Jeux » qui se tient au Trocadéro à Paris au pied de la tour Eiffel et dans une vingtaine de collectivités hôtes sur l’ensemble du territoire permet de partager les émotions uniques des Jeux. Avec en majuscule, les cérémonies de passation entre Tokyo et Paris, les 08/08 (fin des Jeux Olympiques) et 05/09/2021 (fin des Jeux Paralympiques).

Après avoir instauré, avec le concours indispensable du ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, les 30 minutes d’activité physique quotidiennes dans des écoles primaires au programme de la prochaine rentrée scolaire, nous participons cet été à l’opération « Savoir Nager en Seine-Saint-Denis », en installant des bassins d’apprentissage au cœur des quartiers, afin de permettre à 2 000 enfants âgés de 4 à 12 ans d’apprendre à nager. Plus que jamais, Paris 2024 souhaite faire du sport une véritable machine à solutions sur des enjeux majeurs de notre société : éducation, santé, vivre-ensemble, changement de regard sur le handicap, etc.

Quelle a été votre plus grande émotion lors de Tokyo 2020 ? 

Sans hésitation, la victoire de l'Équipe de France de Judo, médaillée d’or par équipe au Nippon Budokan de Tokyo le 31/07/2021. Un moment magique qui a marqué toutes les équipes de Paris 2024 et de la Solideo • Établissement public d’aménagement chargé de la livraison de l’ensemble des ouvrages et de la réalisation de l’ensemble des opérations d’aménagement nécessaires à l’organisation des Jeux… présentes à Tokyo durant ces quinze jours. 

Étienne Thobois

Date de naissance : 20/09/1967
• ESCP Europe (1990 - 1994)

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Parcours

COJO Paris 2024
Directeur général
Candidature Olympique et Paralympique Paris 2024
Chief Executive Officer - Directeur Général
Keneo
Directeur associé
EThobois.com (Consulting)
Fondateur
Rugby World Cup 2007
Directeur Général - Chief Executive Officer
EY (EY)
Directeur principal - in charge of Sports advisory practice

Établissement & diplôme

ESCP Business School (ESCP)
Diplômé

Fiche n° 27797, créée le 20/12/2017 à 16:55 - MàJ le 20/12/2017 à 17:25

Jeux Olympiques d'été de Paris 2024

Événement : 33e édition de la compétition moniale multisports
Dates :
• Jeux Olympiques du 26/07 au 11/08/2024
• Jeux Paralympiques du 28/08 au 08/09/2024
Date d’attribution : 13/09/2017, à Lima (Pérou)
Organisateurs : COJO Paris 2024, CIO
Disciplines : 28 sports (hors sports additionnels)

Partenaires premium :
BPCE (FRA, banque) : entre 60 et 100 M€
• EDF (FRA, électricité)
• Orange (FRA, télécommunications), autour de 140 M€

Partenaire officiel  :
• FDJ (FRA, loterie et paris sportifs)
• Le Coq Sportif (FRA, équipementier)
• Cisco (USA, technologies internet)
• PwC France (audit et conseil)


Supporter officiel :
DXC Technology (USA, conseil et services IT)
• Atos (FRA, services numériques)


Partenaires mondiaux :
Coca-Cola (USA, boissons)
Mengniu (CHN, produits laitiers) conjoint avec Coca-Cola
Alibaba Group (CHN, e-commerce)
Allianz (ALL, assurances)
Bridgestone (JAP, pneumatiques)
Intel (USA, solutions informatiques)
Omega (SUI, horloger)
Panasonic (JAP, électronique)
Samsung (KOR, électronique)
Toyota (JAP, constructeur automobile)
Visa (USA, solutions de paiement)
• Airbnb (USA, location)


Catégorie : Événements


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Fiche n° 9000, créée le 06/08/2019 à 11:45 - MàJ le 06/07/2021 à 12:52


©  Rudy Waks – Paris 2024
Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024 - ©  Rudy Waks – Paris 2024